Le conflit, qui a fait 6.000 morts en seulement six semaines, s'est achevé par la défaite de l'Arménie, contrainte de céder à l'Azerbaïdjan des territoires qu'elle contrôlait depuis trois décennies et qui formaient un glacis sécuritaire autour du Nagorny Karabakh.

Ces dernières semaines, des tensions ont failli dégénérer entre les deux rivaux du Caucase, Erevan accusant les forces azerbaïdjanaises de tenter de prendre le contrôle de nouveaux territoires.

Selon l'armée arménienne, six de ses soldats qui effectuaient des "travaux de génie" dans le district de Guégarkounik, proche de la frontière avec l'Azerbaïdjan, "ont été encerclés et capturés" par les troupes de Bakou tôt jeudi matin.

Lors d'une réunion gouvernementale, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a affirmé que les soldats "effectuaient des travaux d'aménagement de la frontière", notamment en installant des panneaux d'avertissement près des mines alors que la région a la réputation d'être l'une des plus minées au monde.

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a confirmé avoir fait prisonniers six militaires arméniens mais affirmé qu'il s'agissait d'un "groupe de reconnaissance et de sabotage", qui a tenté vers 03H00 (mercredi 23H00 GMT) de "s'introduire sur notre territoire" avant d'être capturé.

Selon le communiqué, les soldats tentaient de poser des mines sur une route de ravitaillement menant vers les positions azerbaïdjanaises.

Le district de Guégarkounik, dans l'est de l'Arménie, est frontalier de celui de Kalbajar, que les forces azerbaïdjanaises ont repris cet automne après quasiment trois décennies sous contrôle arménien.

Kalbajar et d'autres districts formaient le glacis sécuritaire qui entoure le Nagorny Karabakh et que Bakou a récupérés après la guerre de l'automne dernier. Le Nagorny Karabakh, région azerbaïdjanaise à majorité arménienne, est resté en majeure partie sous le contrôle d'Erevan.

Conflits frontaliers

Bakou précise qu'"une concentration de plusieurs unités d'équipement militaire ennemi, dont des chars", étaient observés dans le secteur jeudi matin.

Mardi, un soldat arménien avait déjà été tué dans un accrochage avec les troupes de Bakou. Les deux pays s'accusent mutuellement depuis cet automne de nombreuses provocations, chacun niant avec véhémence les affirmations de son ennemi.

Le 13 mai, l'Arménie a accusé les forces azerbaïdjanaises d'avoir violé la frontière pour prendre le contrôle de territoires au bord du lac Sev que se partagent les deux pays. Ce petit lac est situé en haute montagne, en lisière d'un territoire que l'Azerbaïdjan a reconquis l'automne dernier.

Washington s'était inquiété et Paris avait réclamé un "retrait immédiat des troupes azerbaïdjanaises du territoire arménien"

L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont livrés une brève guerre ayant fait 6.000 morts à l'automne 2020, le conflit se soldant par une défaite arménienne. Les forces azerbaïdjanaises ont pu depuis être redéployées dans les territoires frontaliers reconquis, entraînant des tensions.

Celles-ci persistent malgré le cessez-le-feu signé sous l'égide de Moscou et le déploiement de soldats de la paix russes, et la crainte d'un nouvel embrasement inquiète Moscou comme les pays occidentaux.

Le conflit du Karabakh entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie déstabilise le Caucase depuis plus de trente ans. Erevan avait remporté au début des années 1990 une première guerre.

Sous pression de l'opposition depuis la défaite de l'automne, Nikol Pachinian est quant à lui en campagne électorale après avoir dû convoquer des législatives anticipées en juin.