Solitude, héroïne de la résistance des esclaves en Guadeloupe au XIXe siècle, a depuis samedi un jardin à son nom à Paris, avant de devenir prochainement la première femme noire à avoir sa statue dans la capitale française. "Bientôt, une statue de cette héroïne, la toute première représentant une femme noire à Paris, y sera installée", a tweeté la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, après l’inauguration du jardin dans le 17e arrondissement.

Née vers 1772 d’une esclave africaine et d’un marin blanc, elle a fait partie des nombreuses femmes peuplant la résistance face aux troupes françaises. En mai 1802, ces dernières avaient débarqué sur l’île de la Guadeloupe, aux Antilles, sur ordre de Bonaparte, pour rétablir l’esclavage aboli en 1794. Enceinte, Solitude s’était jointe aux combats avant d’être arrêtée et condamnée à mort. Elle avait été pendue le 29 novembre 1802, le lendemain de son accouchement.

C’est "un moment important, parce qu’il inscrit le nom d’une femme qui, par son courage et son engagement pour la justice et la dignité, a ouvert avec d’autres la voie vers une abolition définitive de l’esclavage en France", a déclaré Mme Hidalgo lors de l’inauguration de ce jardin.

Aux Antilles, des militants anticolonialistes ont déboulonné des statues, dont celle de Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Ier, qui rétablit l’esclavage, et réclamé que des figures noires de l’émancipation soient davantage mises en avant.

Début juillet, le gouvernement français a publié un ouvrage recensant 100 Africains ayant combattu pour la France dans l’espoir que certains soient honorés par un espace public, réponse " péda gogique " à la tentation de déboulonner les statues.