La diffusion de cette "interview-confession est une honte pour la station qui la diffuse et pour les dirigeants bélarusses qui montrent une fois de plus leur mépris total pour la démocratie et, de fait, il faut aussi dire, leur mépris pour les êtres humains", a déclaré le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert lors d'une conférence de presse régulière à Berlin.

"Toutes nos pensées vont à ce jeune homme et à tous les autres citoyens du Bélarus qui sont traités de manière si inhumaine pour leurs convictions, alors qu'ils luttent pacifiquement pour les droits civils", a-t-il ajouté.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab a également réagi et a dénoncé la "troublante" interview de Roman Protassevitch, l'estimant "clairement réalisée sous la contrainte". "La persécution de ceux qui défendent les droits humains et la liberté des médias en Biélorussie doit cesser", a affirmé dans un tweet M. Raab, ajoutant que toutes "les personnes impliquées dans le tournage, la coercition et la réalisation de l'interview doivent être tenues responsables".

Le journaliste et militant d'opposition Roman Protassevitch a été arrêté le 23 mai avec sa compagne Sofia Sapega quand leur vol Ryanair reliant Athènes à Vilnius a été intercepté par un avion de chasse bélarusse.

Dans cette interview diffusée jeudi, le jeune homme de 26 ans a l'air mal à l'aise et avoue avoir appelé à des manifestations antigouvernementales l'année dernière. Il fait aussi l'éloge du président bélarusse Alexandre Loukachenko.

Cette attitude plutôt étonnante pour ce cofondateur et ancien rédacteur en chef de la chaîne d'opposition Nexta sur Telegram a laissé dire vendredi à la cheffe de l'opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa que l'interview avait été réalisée "sous pression".