"Il y a des inquiétudes et plus que ça, sans doute un certain nombre de coups de canif dans le contrat et l'Europe ne sera pas une forme de bisounours sympathique qui donne de l'argent et n'attend rien en retour", a déclaré Clément Beaune au micro de Radio Classique.

"Nous défendrons nos intérêts", a-t-il ajouté. "Il peut y avoir des recours juridiques. On ne l'exclut pas".

Le groupe AstraZeneca a annoncé samedi de nouveaux retards de livraison de son vaccin contre le Covid-19 à l'UE, invoquant des restrictions d'exportation.

"Il faut mettre la pression, on est plus fort entre Européens que si la France le faisait toute seule", a estimé Clément Beaune. "Avant les recours judiciaires, il y a la pression politique, ou même du conseil d'administration, en interne dans l'entreprise".

"S'il faut faire des recours juridiques on les fera mais ça met du temps. Aujourd'hui l'urgence c'est produire", a-t-il martelé.

Le président Emmanuel Macron a annoncé lundi la suspension de la vaccination avec le vaccin AstraZeneca, assurant qu'il agissait conformément à une "stratégie européenne". Au centre de cette méfiance, quelques cas suspects de thrombose.

Clément Beaune a émis le souhait que le vaccin puisse être de nouveau utilisé après un feu vert scientifique. "On espère bien l'utiliser quand scientifiquement ce sera conforté", a-t-il indiqué, rappelant que plusieurs autres vaccins étaient utilisés et qu'AstraZeneca n'était "pas l'alpha et l'omega" de la campagne de vaccination.

Le ministre a par ailleurs assuré que l'Union européenne produirait entre 2 et 3 milliards de doses annuelles d'ici la fin de l'année, faisant d'elle le premier producteur de vaccins au monde avec les Etats-Unis.