Fin août à Biarritz, Emmanuel Macron mobilisait le G7 sur l'Amazonie et obtenait un accord de principe de Donald Trump et du président iranien Hassan Rohani pour une rencontre qu'il espérait organiser lui-même.

A New York, où il arrive dimanche soir, le président français fera tous ses efforts pour que l'Assemblée générale de l'ONU prolonge l'élan diplomatique de "son" G7, l'occasion d'à la fois prouver son engagement climatique et l'utilité de son active diplomatie.

Juste avant le G7, lorsque l'opinion publique commençait à s'émouvoir des incendies en Amazonie, Emmanuel Macron avait créé la surprise en les décrétant priorité du sommet. Il avait obtenu que les Sept débloquent 20 millions de dollars d'urgence pour envoyer quelques avions bombardiers d'eau.

Il avait aussi lancé un appel, avec le président chilien Sebastian Piñera invité au G7, pour la tenue lors de l'AG de l'ONU d'une réunion sur la reforestation afin d'agir à plus long terme, avec bien davantage de moyens.

L'ONU l'a suivi: c'est cette réunion qu'il co-présidera lundi matin avec le président chilien et son homologue colombien Ivan Duque. La France fait valoir qu'elle a toute légitimité à s'emparer du sujet en tant que pays amazonien, via la Guyane française.

Plusieurs autres chefs d'Etat seront présents lundi matin pour cette session sur l'Amazonie, ainsi que de grands donateurs (Allemagne, Norvège, Banque Mondiale...)

Mais la réunion aura lieu sans le Brésil, où la forêt brûle toujours. Le président brésilien Jair Bolsonaro s'en était pris violemment à l'initiative du Français, l'accusant de remettre en cause la souveraineté brésilienne sur son territoire.

Jair Bolsonaro avait même dans un premier temps refusé l'aide financière du G7. Mais sous la pression internationale, il avait finalement envoyé l'armée lutter contre ces incendies très souvent volontaires.

Le président français compte plus globalement profiter du sommet Climat qui se tiendra tout au long de la journée pour "affirmer notre ambition climatique", explique un conseiller. Il appellera à la mobilisation pour la forêt amazonienne et pour refinancer le Fonds vert, pour lequel la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont annoncé au G7 le doublement de leur contribution, à 5 milliards de dollars.

Au plan national, le chef de l'Etat, qui a fait de l'écologie une priorité de l'"acte II" de son quinquennat, répond au passage aux accusations d'inaction des écologistes et des jeunes qui manifestent dans la rue, tout comme à la montée électorale des Verts.

Trump-Rohani ? 

Son autre grande ambition diplomatique, à savoir obtenir une désescalade entre Etats-Unis et Iran, voire une rencontre - historique - entre leurs présidents, semble plus difficile à réaliser que jamais, depuis l'attaque contre les installations pétrolières saoudiennes qui a jeté de l'huile sur le feu.

A Biarritz, Emmanuel Macron avait fait un coup diplomatique en invitant sur place le chef de la diplomatie iranienne, avec l'aval de Donald Trump.

Le président français persévère. Il a prévu de rencontrer lundi ou mardi Donald Trump et pourrait aussi rencontrer le président iranien, mais cette hypothèse dépend de nombreuses conditions, indique l'Elysée.

Quant à une rencontre Trump-Rohani, si Paris ne perd pas espoir, l'Elysée reconnaît qu'elle semble particulièrement complexe à mettre en place, même si Donald Trump y reste apparemment favorable.

Comme Ryad, les Etats-Unis ont accusé l'Iran d'avoir organisé l'attaque mais déclarent vouloir éviter un conflit armé. Donald Trump a cependant annoncé un durcissement des sanctions conte Téhéran et a envoyé des renforts militaires dans le Golfe.

La France, elle, a dépêché des experts sur place pour aider à faire la lumière sur l'origine de l'attaque.

Pour poursuivre ses efforts d'apaisement, Emmanuel Macron compte aussi rencontrer ses partenaires européens du E3 (Royaume-Uni et Allemagne), garants de l'accord nucléaire avec l'Iran, dont les Etats-Unis se sont retirés en 2018.

A la tribune de l'ONU mardi, Emmanuel Macron devrait parler climat et crises régionales mais aussi santé, en appelant à reconstituer le Fonds mondial contre le Sida, objet d'un sommet à Lyon les 9 et 10 octobre et pour lequel il aura une rencontre avec Bill Gates.