L'islamologue suisse Tariq Ramadan, déjà mis en examen pour deux viols, est visé par une nouvelle plainte en France, pour un viol en réunion qui se serait produit en 2014, a-t-on appris de source proche du dossier, confirmant des informations du Journal du dimanche et d'Europe 1.

Selon les deux médias, cette plainte a été déposée fin mai par "une femme, aujourd'hui âgée d'une cinquantaine d'années, qui travaillait alors comme journaliste radio" et a conduit le parquet de Paris à délivrer un réquisitoire supplétif.

L'intellectuel musulman, qui fut une figure aussi influente que controversée de l'islam européen, est déjà accusé par trois autres femmes en France et une autre en Suisse.

Depuis le 2 février 2018, il est mis en examen pour deux viols, dont un sur personne vulnérable, des accusations qu'il conteste. Pour la troisième plainte, il est actuellement placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

M. Ramadan doit par ailleurs être entendu à l'automne à Paris par un procureur suisse en vue d'une éventuelle inculpation dans le volet suisse.

Il a été remis en liberté mi-novembre, sous contrôle judiciaire, après neuf mois de détention provisoire.

Dans cette nouvelle plainte citée par les deux médias, la femme accuse l'intellectuel musulman de viols en réunion avec "une personne de son staff" lors d'une rencontre pour une interview réalisée le 23 mai 2014 dans la chambre d'hôtel de M. Ramadan à Lyon.

"C'est allé très vite, c'était d'une violence inouïe", a déclaré à la justice la plaignante, selon des propos cités par le JDD et Europe 1.

Selon la plainte, la femme aurait par ailleurs été contactée par M. Ramadan sur l'application Messenger le 28 janvier 2019, affirmant qu'il voulait lui faire une "proposition", "sur le plan professionnel", message auquel elle n'aurait pas répondu.

Elle raconte que le lendemain, elle a reçu la visite de deux hommes. "Ils m'ont dit que Tariq Ramadan avait essayé de me joindre [...] et si j'avais les idées mal intentionnées ils pouvaient arranger ça", a-t-elle affirmé.

Selon le JDD et Europe 1, le parquet de Paris a adressé fin juillet un réquisitoire supplétif en élargissant l'enquête à des faits de viol en réunion, menaces et intimidation. Il revient désormais aux juges d'instruction en charge de l'enquête de prononcer ou non une nouvelle mise en examen pour ces faits.

Contacté par l'AFP, l'avocat de M. Ramadan était injoignable dimanche matin.