Il existe "des signes correspondant" à une maladie psychiatrique concernant cette femme de 51 ans, employée du centre appartenant à l'Eglise protestante et qui a été présentée à un juge, a indiqué à l'AFP le procureur de Potsdam, Wilfried Lehmann.

Ce juge de la détention a "ordonné son placement dans une clinique psychiatrique", a-t-il ajouté.

Les victimes, deux hommes et deux femmes, ont été tuées de coups de couteau mercredi soir dans ce centre de Potsdam, ville qui jouxte Berlin, selon le quotidien Bild.

La police, alertée vers 21H (19H GMT), n'a pour sa part pas donné de précisions à ce stade sur l'arme du crime mais selon l'agence allemande dpa, les victimes ont été retrouvées avec des blessures importantes à la gorge.

"Les blessures de toutes les victimes sont d'après les constatations le résultat de l'emploi d'une violence intense", a souligné la police dans un communiqué, sans pouvoir immédiatement donner de détails sur les circonstances.

"Nous sommes encore tout au début des investigations", a précisé Wilfried Lehmann, ajoutant que livrer certains détails pourrait compromettre l'enquête.

L'employée "sur laquelle portent de forts soupçons" d'être l'auteure des faits, avait été interpellée peu après. Ses motivations restent à ce stade "indéterminées".

Après la tuerie dont elle est soupçonnée, l'employée est rentrée chez elle et a prévenu son mari qui a alerté la police, selon Bild.

"Un acte incompréhensible" 

Cette femme a jusqu'ici refusé de s'exprimer sur les faits, écrit Bild, qui précise que la victime grièvement blessée est hors de danger.

Les corps ont été retrouvés dans différentes chambres. Selon les médias locaux, certains pensionnaires vivaient depuis leur enfance dans cette structure spécialisée qui comprend plusieurs unités de plus ou moins long séjour.

L'établissement, nommé Thusnelda-von-Saldern-Haus, est spécialisé dans l'accueil et le soutien aux personnes souffrant de handicaps physiques ou mentaux, notamment des non-voyants et des autistes.

Quelque 65 personnes vivent dans cette structure qui emploie plus de 80 personnes et appartient aux services d'aide sociale de l'Eglise protestante luthérienne.

Le site, géré par un prestataire diaconal de services spécialisés dans les domaines de la santé, de l'éducation et de l'emploi notamment, inclut des logements, écoles, et ateliers de travail.

Dans un premier temps, la police avait indiqué qu'il s'agissait d'une clinique.

Des équipes spécialisées de la police ont été dépêchées sur place pour relever des traces et éléments de preuves tandis que des habitants de Potsdam et des résidents déposaient des fleurs et des bougies devant l'établissement.

Un important dispositif policier était en outre déployé.

Le dirigeant de la région du Brandebourg, dont Potsdam est la capitale, Dietmar Woidke, s'est dit "choqué par cette horrible nouvelle".

"Mes pensées vont aux victimes et à leurs proches", a-t-il dit, soulignant qu'il s'agissait d'une "journée difficile" pour sa région.

De son côté, le maire de la ville, Mike Schubert, a jugé qu'il s'agissait d'un "acte incompréhensible".

Une cérémonie à la mémoire des victimes est prévue jeudi soir, selon Matthias Fichtmüller du conseil théologique de l'établissement.