"Notre objectif est de renforcer davantage l'Etat de droit", a affirmé M. Erdogan lors d'un discours à Ankara, ajoutant que 393 mesures seraient mises en oeuvre d'ici 2023, année du centenaire de la République et de la prochaine élection présidentielle.

"Personne ne devrait être privé de sa liberté pour ses opinions", a notamment déclaré le chef d'Etat turc, qui a poursuivi ces dernières années plusieurs milliers de personnes qui l'avaient "insulté" sur les réseaux sociaux.

M. Erdogan a aussi exprimé son souhait de rendre la justice "plus efficace" pour mettre fin aux "procès interminables".

Ces annonces interviennent avant un sommet à Bruxelles le 25 mars lors duquel les dirigeants européens doivent examiner une "feuille de route" sur l'avenir des relations avec la Turquie.

Les rapports entre Ankara et les pays occidentaux se sont dégradés depuis 2016, notamment à cause des purges lancées par M. Erdogan contre des opposants, des médias critiques et la société civile après un putsch manqué.

Le philanthrope Osman Kavala, écroué depuis 2017, et l'ancien dirigeant du parti prokurde HDP Selahattin Demirtas, emprisonné depuis 2016, sont devenus les symboles de cette répression.

Dans ce contexte, les annonces de M. Erdogan ont été accueillies avec scepticisme par l'opposition.

M. Erdogan a "listé les sujets sur lesquels (son parti) l'AKP a fait reculer la Turquie. On dirait des aveux", a raillé sur Twitter Onursal Adigüzel, député du principal parti d'opposition, le CHP (social-démocrate).

"Amis journalistes, dans trois heures, vous ne serez plus obligés de vous auto-censurer (...) Le gouvernement va vous accorder la liberté de la presse", avait lancé avant le discours de M. Erdogan un député du parti d'opposition DEVA, Mustafa Yeneroglu.

Peu avant le discours de M. Erdogan, son principal allié Devlet Bahçeli, chef du parti d'extrême droite MHP, avait appelé à fermer le HDP, dont des dizaines d'élus ont été emprisonnés ou démis de leurs fonctions.

Presque au même moment, un procureur a réclamé jusqu'à deux ans d'emprisonnement pour le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, l'un des opposants les plus en vue de M. Erdogan, accusé d'avoir "insulté" un gouverneur local.