Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi que les autorités allaient bientôt renforcer leur contrôle des réseaux sociaux après la publication d'insultes contre sa famille, des propos qui suscitent l'inquiétude des internautes.

 "YouTube, Netflix, Twitter. Vous comprenez désormais pourquoi je m'oppose aux réseaux sociaux de ce genre ? C'est pour mettre fin à cette immoralité", a déclaré M. Erdogan lors d'une visioconférence depuis Ankara.

"Il est impératif de mettre de l'ordre dans ces canaux (...) C'est pour cette raison que nous allons soumettre cela au Parlement rapidement, car nous voulons que ces canaux soient fermés, contrôlés", a-t-il ajouté. M. Erdogan a notamment évoqué une mesure obligeant les géants du Web à avoir une représentation légale en Turquie, ce qui les exposerait à des sanctions financières et les obligerait à obéir aux décisions des tribunaux turcs.

Ces déclarations interviennent au lendemain d'injures postées sur les réseaux sociaux à l'encontre d'une fille de M. Erdogan et de l'époux de celle-ci qui avait annoncé sur Twitter la naissance de leur quatrième enfant. Onze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, a annoncé mercredi la police.

Les propos de M. Erdogan ont suscité l'inquiétude des internautes turcs. Le mot-dièse "Touche pas à mes réseaux sociaux" était l'un des plus utilisés sur Twitter mercredi après-midi.

Le chef de l'Etat turc s'en prend régulièrement aux réseaux sociaux, l'un des rares espaces où les voix critiques osent encore se faire entendre en Turquie, la plupart du temps de façon anonyme.

Les ONG s'inquiètent régulièrement de l'érosion de la liberté d'expression en Turquie et un contrôle accru des réseaux sociaux pourrait aussi limiter l'accès des Turcs à des informations indépendantes ou critiques, dans un paysage dominé par les médias pro-gouvernementaux.