Le service de presse de M. Orban a confirmé la tenue de ces discussions auprès de l'agence MTI.

De son côté, la Pologne, par la voix du porte-parole du gouvernement Piotr Müller, a fait savoir que l'entrevue porterait essentiellement sur "les négociations budgétaires en cours dans l'Union européenne".

"La Pologne et la Hongrie ont l'intention de coordonner leurs positions", a précisé sur Twitter la représentation permanente de la Pologne à Bruxelles.

Épinglés régulièrement par l'Union européenne pour leurs réformes accusées de saper les valeurs démocratiques, les deux pays ont mis leur veto la semaine dernière au budget pluriannuel et au plan de relance européens pour s'opposer à un mécanisme permettant de les priver de fonds en cas de violations de l'Etat de droit (justice indépendante, politique anticorruption, etc.)

Varsovie voit dans ce dispositif conditionnant les fonds européens à l'Etat de droit "un combat idéologique" contre ses "valeurs", et Budapest redoute d'être sanctionné pour sa politique "anti-immigration".

"Il existe de nombreuses solutions possibles, c'est juste une question de volonté politique", avait souligné vendredi le Premier ministre souverainiste Viktor Orban, qui réclame des "critères objectifs" et la "possibilité d'un recours juridique".

Von der Leyen enjoint les deux pays de s'en remettre à la Justice

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a exhorté mercredi la Pologne et la Hongrie à s'adresser à la Justice européenne si leurs gouvernements veulent contester le lien que l'UE compte établir entre l'octroi de financements européens et le respect de l'Etat de droit, plutôt que de bloquer un plan de relance dont les citoyens européens - y compris les Polonais et les Hongrois - ont vivement besoin face à la crise.

"Il s'agit ici d'infractions à l'Etat de droit qui mettent à mal le budget européen, rien que cela", a souligné Mme Von der Leyen devant le Parlement européen. Les questions de société, de santé ou de migration ne relèvent pas du champ du mécanisme contesté.

Si certains ont des doutes sur le mécanisme convenu, a-t-elle ajouté, ils doivent s'adresser à la Cour de Justice de l'Union européenne pour en vérifier la bonne conformité, mais pas mettre à mal "des millions de citoyens" qui attendent l'aide budgétaire de l'UE pour faire face aux faillites et aux pertes d'emploi provoquées par la crise, comme c'est le cas aussi en Hongrie et en Pologne.

Dans ses répliques aux députés, Mme Von der Leyen a durci le ton. "Les vetos de la Hongrie et de la Pologne sont simplement irresponsables". "Je veux discuter (avec ces deux Etats) car, par exemple, cette idée que l'Europe essaye d'organiser la façon dont les avortements devraient être pratiqués en Pologne, c'est un pur mensonge. L'avortement est une compétence nationale", a ajouté la chef de l'exécutif européen.

"N'écoutons pas les arguments erronés. Si cette proposition n'est pas conforme au Traité de Lisbonne, comme le prétend (le Premier ministre hongrois) Viktor Orban, allons devant la Cour de justice européenne (...) C'est là où les différends sont tranchés", a insisté Ursula von der Leyen.

L'eurodéputée polonaise Beata Szydlo (ECR, droite eurosceptique), ex-Premier ministre, a répliqué: "Je tiens à dire que l'Etat de droit se porte très bien en Pologne". "Le gouvernement polonais défend les intérêts de ses citoyens (...) Vous ne pouvez pas arbitrairement imposer la volonté de la majorité sur la minorité", s'est-elle indignée.