Les dossiers du climat et du budget sont en effet étroitement liés, par le Fonds pour une transition juste. Le président du Conseil européen Charles Michel espère parvenir en fin de semaine à obtenir l'engagement des 27 pour rehausser à -55% (contre -40% actuellement) l'objectif de l'Union de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, par rapport au niveau de 1990. Cet objectif serait intermédiaire, en route vers la neutralité climatique en 2050.

Mais actuellement, la Pologne et la Hongrie bloquent l'adoption du budget pluriannuel de l'UE ainsi que du texte qui permettrait le financement de l'instrument européen de relance post-coronavirus. Or, "sans budget pluriannuel, il n'y aura pas de Fonds pour une transition juste. Et ce fonds est justement destiné à aider les Etats à atteindre les objectifs climatiques", indique lundi une source européenne, en amont du sommet.

Budapest et Varsovie ont opposé leur "véto" au cadre budgétaire 2021-2027 et à l'instrument de relance Next Generation EU (750 milliards d'euros) pour protester contre le mécanisme liant l'octroi de fonds européens issus de ces deux enveloppes au respect de l'Etat de droit, tel qu'approuvé par les capitales à la majorité qualifiée.

Cet arrêt soudain met en péril la poursuite de différents programmes européens dont les financements n'étaient prévus que jusque fin 2020. S'il n'y a pas rapidement d'accord, l'UE sera financée en douzièmes provisoires à partir de janvier, sans possibilité de renouveler des enveloppes arrivant à échéance ou de lancer de nouveaux programmes.

Selon une source bien informée, la Hongrie et la Pologne devraient indiquer d'ici à mardi si elles sont prêtes à un compromis. "Si ce signal ne vient pas, on bascule vers le plan B. La Commission européenne pourrait alors proposer un accord avec 25 pays, par exemple sur base d'un accord intergouvernemental ou d'une procédure de coopération renforcée".