"Nous appelons la Russie à mettre un terme à ses provocations et à procéder immédiatement à une désescalade des tensions conformément à ses obligations internationales", ont-ils déclaré dans un communiqué commun, à la veille d'entretiens au siège de l'Otan à Bruxelles sur la question.

"Ces mouvements de troupes à grande échelle, intervenant sans notification préalable, constituent une menace et un facteur de déstabilisation", ont-ils souligné, appelant également Moscou à "la transparence" en matière de mouvements militaires" comme elle s'y est engagée auprès de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).

Ils ont également réaffirmé leur "soutien inébranlable à l'indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues" et ont salué "la retenue de l'Ukraine" dans les nouvelles tensions.

L'Ukraine, qui craint que le Kremlin ne cherche un prétexte pour l'attaquer, a accusé la Russie d'avoir massé plus de 80.000 soldats près de sa frontière orientale et en Crimée, annexée par Moscou en 2014 après l'arrivée de pro-occidentaux au pouvoir à Kiev.

Selon Kiev, les séparatistes prorusses comptent en outre 28.000 combattants et plus de 2.000 conseillers et instructeurs militaires russes sur le territoire qu'ils contrôlent depuis 2014 dans l'est du pays.

Les Etats-Unis ont mis en garde Moscou dimanche contre toute agression en Ukraine.

"Il y aura des conséquences", a averti le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, qui est attendu mardi à Bruxelles pour des discussions avec les Alliés de l'Otan sur plusieurs dossiers chauds, dont les tensions russo-ukrainiennes.

Les Etats-Unis ont discuté de ce dossier avec la France et l'Allemagne, a-t-il indiqué en soulignant qu'"il y a plus de troupes russes massées à la frontière qu'à aucun moment depuis 2014, lors de la première invasion russe".

La guerre dans le Donbass, à l'est du pays, a commencé en avril 2014, dans la foulée d'une révolution pro-occidentale en Ukraine qui avait aussi été suivie de l'annexion par Moscou de la péninsule de Crimée.

"Cesser immédiatement" 

Antony Blinken s'est entretenu par téléphone lundi avec Jens Stoltenberg pour préparer sa visite et a insisté sur "la nécessité pour la Russie de cesser immédiatement son renforcement militaire agressif le long des frontières de l'Ukraine et en Crimée occupée", a précisé son porte-parole Ned Price.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kuleba sera reçu mardi matin par le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, et participera ensuite à une réunion de la commission Otan-Ukraine, a précisé l'Alliance.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé l'Otan à accélérer l'adhésion de son pays afin d'envoyer un "vrai signal" à la Russie. Mais l'Otan observe la plus grande prudence sur cette demande.

La Russie affirme de son côté que Kiev prépare une offensive contre les rebelles, menaçant d'aller à la rescousse de la population des zones séparatistes, où ont été distribués des centaines de milliers de passeports russes.

Deux militaires ont été tués dans des combats avec des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, a annoncé Kiev lundi.

Un militaire a été mortellement blessé par balle samedi et un autre lundi, a déclaré dans des messages séparés l'armée ukrainienne, alors que les heurts meurtriers sur la ligne de front se sont multipliés ces dernières semaines.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a assuré de son côté lundi n'avoir "vu ces derniers jours aucune demande" de Kiev en ce sens.

Selon une source à la présidence ukrainienne interrogée par l'AFP, M. Zelensky veut en outre rencontrer cette semaine son homologue français Emmanuel Macron qui avec la chancelière allemande Angela Merkel est médiateur du conflit.