"A ce stade, aucun élément ne permet d'établir l'origine et les circonstances de ce drame", a indiqué dans un communiqué le parquet de Bobigny, qui avait auparavant évoqué un crime "intrafamilial" impliquant deux fratries d'origine sri-lankaises.

L'auteur présumé des faits, hospitalisé dans un état grave pour plusieurs plaies au couteau, a également grièvement blessé les parents de ses neveux et atteint plus légèrement les deux enfants plus âgés du couple, a détaillé le parquet.

Les corps sans vie des victimes ont été découverts par les services de police aux alentours de 11H30 dans un quartier pavillonnaire de cette ville de Seine-Saint-Denis. D'après le parquet, ce sont ces deux adolescents de 13 et 15 ans qui ont donné l'alerte en se réfugiant chez les voisins.

"Je suis intervenu en premier car j'ai entendu des cris et des sanglots, j'ai sonné à la porte mais ça ne répondait pas. Entretemps, un des fils est passé par la fenêtre de la cuisine au rez-de-chaussée, la tête en sang, il m'a dit que son oncle pétait une durite, devenait fou et tapait sur tout le monde au marteau et avait enfermé la famille à clé dans la maison", a raconté à l'AFP le voisin, sous couvert de l'anonymat.

D'après leur récit, les deux adolescents avaient été, dans la matinée, enfermés par leur oncle dans le sous-sol du pavillon où se trouvaient leurs parents et un de leurs frères, tous grièvement blessés. "Ils percevaient par ailleurs des cris à l'étage" avant de réussir à prendre la fuite, indique le communiqué.

Selon les déclarations recueillies par l'AFP, un des adolescents s'est ensuite réfugié dans un bar du quartier, le Rond-point, pour appeler à l'aide.

"Un jeune de 13 ans est venu en panique, du sang sur la tête. Il m'a dit: 'mon oncle me poursuit avec un marteau', il était affolé", a raconté à l'AFP le gérant du bar, Mohamed Hemani. " Je l'ai protégé, personne était derrière lui, il m'a dit que ses sœurs étaient enfermées dans l'appartement avec une tierce personne. Je l'ai soigné et appelé les secours et police".

Cellule psychologique 

Dans ce quartier proche de la gare du RER, où un périmètre de sécurité avait été établi, plusieurs témoins étaient sous le choc.

"C'était une famille sans histoire, exemplaire. Je n'arrive pas à y croire", a déclaré à l'AFP le maire PCF de la ville, Olivier Sarrabeyrouse, élu depuis quelques mois, et qui avait été l'instituteur de plusieurs de ces enfants. La famille était, selon lui, présente en France depuis plusieurs années.

Le propriétaire d'un autre bar, le Petit-Noisy, situé à une dizaine de mètres du drame, évoquait lui un récent différend dans la famille qu'il pensait sans lendemain.

"Je connaissais le père, très calme et gentil, il venait au café parfois, ils sont arrivés il y a un ou deux ans", a-t-il raconté à l'AFP, sous couvert de l'anonymat. "La semaine dernière, il y avait déjà eu un différend familial dans cette famille, la police était venue et ça s'est calmé depuis".

La ville va mettre en place une cellule psychologique pour les enfants et les familles, a annoncé le maire.

La police judiciaire est en charge de l'enquête.