Deux personnes ont été tuées mercredi en pleine rue à Halle, une ville de l'est de l'Allemagne, dans une fusillade dont un des auteurs présumés a été interpellé. Le parquet antiterroriste a été saisi. Le suspect arrêté était inconnu des services de police et ne serait pas musulman.

La personne qui a été arrêtée mercredi après-midi en lien avec la fusillade sur une synagogue à Halle, qui a fait deux morts, est allemande et n'était pas connue des services de police, selon des sources des services de sécurité citées par Der Tagesspiegel. Il ne serait pas musulman. D'après le site internet du Leipziger Volkszeitung, l'homme arrêté est grièvement blessé et subit une opération chirurgicale. Des engins explosifs artisanaux ont été placés devant la synagogue attaquée à Halle, dans l'est de l'Allemagne, ont confié des sources sécuritaires à l'agence de presse allemande DPA.

Plus tôt dans l'après-midi, l'hôpital universitaire de Halle avait indiqué avoir reçu deux blessés, dont un par balle qui a été opéré. L'établissement n'avait cependant pas donné de détails sur l'identité de ces personnes.

Selon un témoin des faits, les tirs ont notamment visé un restaurant turc, tandis que selon le quotidien Bild la fusillade se serait déroulée aussi devant une synagogue et une grenade aurait également été lancée, en ce jour de Yom Kippour dans un cimetière juif à proximité.

Ces informations n'ont pas été confirmées immédiatement par la police.

"Deux personnes ont été tuées à Halle, selon les premières constatations. Plusieurs coups de feu ont été tirés. Les auteurs présumés se sont enfuis à bord d'un véhicule", a annoncé la police sur Twitter, demandant aux "habitants de rester chez eux".

Une personne a été peu après arrêtée, a annoncé la police, sans plus de précisions à ce stade.

Plusieurs personnes ont également fait état de tirs, dont un de grenade, visant un restaurant turc de kebab.

"Un tireur portait un casque et des habits militaires", a témoigné un homme, qui était à l'intérieur, sur la chaîne d'information NTV.

"Il a jeté une grenade sur le local. La grenade s'est écrasée sur la porte et a explosé", a ajouté ce témoin, encore sous le choc.

"L'homme a ensuite tiré au moins une fois dans le magasin, l'homme qui était assis derrière moi a dû mourir. Je me suis caché dans les toilettes et j'ai verrouillé la porte", a-t-il raconté.

Tout le quartier a été bouclé et la gare centrale de Halle (Etat régional de Saxe-Anhalt) a été fermée.

© AFP

Onde de choc

Cette attaque intervient quelques mois après le meurtre, en Hesse, de Walter Lübcke, un élu pro-migrants du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU). Le principal suspect est un membre de la mouvance néonazie.

Cette affaire a créé une onde de choc dans le pays, où l'extrême droite anti-migrants enchaîne les succès électoraux. Elle a réveillé la crainte d'un terrorisme d'extrême droite à l'image de celui du groupuscule NSU, responsable de l'assassinat entre 2000 et 2007 d'une dizaine de migrants.

Il y a eu nombre de précédents violents: un attentat au couteau contre la maire de Cologne Henriette Reker en 2015, et deux ans plus tard contre le maire d'Altena Andreas Hollstein. Tous deux en réchappent de justesse. Tous deux défendaient une politique d'accueil généreuse des migrants, comme Walter Lübcke.

Ou encore les meurtres perpétrés par le groupuscule néonazi allemand NSU, responsable du meurtre d'une dizaine d'immigrés en Allemagne au début des années 2000.

L'Allemagne est confrontée à "une nouvelle RAF", une "RAF brune", estime le Süddeutsche Zeitung, en référence au groupe terroriste d'extrême gauche Fraction armée rouge, actif entre 1968 et 1998.

Plus de 12.700 extrémistes de droite jugés dangereux sont recensés par les autorités.

Les autorités allemandes sont également sur le qui-vive après plusieurs attaques jihadistes ces dernières années. La plus meurtrière a été commise en décembre 2016, lorsqu'un Tunisien, Anis Amri, a foncé sur un marché de Noël de Berlin au volant d'un camion volé, tuant douze personnes.

Vidéo en direct

L'auteur a diffusé une vidéo de l'attaque sur la plateforme de streaming en direct Twitch, a indiqué une porte-parole du site spécialisé dans le jeu vidéo et l'e-sport.

"Nous avons fait au plus vite pour retirer ce contenu, et nous suspendrons tous les comptes qui posteront ou reposteront des images de cet acte abominable", a indiqué une porte-parole de Twitch interrogée par l'AFP.

L'attaque contre une synagogue dans cette ville d'Allemagne de l'Est a fait deux morts et deux blessés grave.

La porte-parole de Twitch n'a pas voulu dire dans l'immédiat combien de temps la vidéo était restée en ligne, précisant simplement que la filiale d'Amazon enquêtait sur les circonstances exactes de la diffusion et qu'elle partagerait les détails au fur et à mesure.

Le modus operandi du tireur de Halle fait penser à celui de l'auteur de l'attentat contre deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande en mars, un Australien d'extrême droite, qui avait fait 51 morts.

Brenton Tarrant avait réussi à diffuser son attaque en direct pendant quelque 17 minutes sur Facebook, avant que le premier réseau social du monde n'arrive à stopper la transmission.

Ce très long délai avait valu à Facebook de très virulentes critiques. Depuis, le réseau social de Mark Zuckerberg a pris plusieurs initiatives pour éviter qu'une telle chose ne se reproduise.

Mi-septembre, le groupe avait annoncé avoir fait appel à la police de part et d'autre de l'Atlantique pour éduquer ses outils d'intelligence artificielle afin d'arrêter les retransmissions vidéos d'attaques extrémistes en direct sur sa plateforme.