Pour cette "opération à haut risque" selon son avocat Jean Codognès, une évacuation classique par l'escalier était impossible: Alain Panabière, 53 ans, qui vit à même le sol dans une maison insalubre depuis au moins un an, ne peut passer la porte de sa chambre.

Après des premiers travaux de consolidation de la maison de deux étages située dans un quartier aux rues étroites du centre de la cité catalane, dans les Pyrénées-Orientales, un cordon sanitaire a été installé mardi matin.

Plus de 50 personnes sont mobilisées, parmi lesquelles des policiers, des pompiers et des équipes médicales, a indiqué la préfecture.

Pour l'extraire, une partie de la façade du premier étage va être détruite. L'homme sera ensuite déplacé horizontalement vers une nacelle suspendue à une grue, qui le déposera au rez-de-chaussée, dans la rue, où une ambulance l'attend.


Vers 11 heures, ce mardi 1er décembre, le quinquagénaire a pu être extrait avec succès de son domicile par les secours. Il a été placé dans l'ambulance qui doit le mener au CHU Sait-Eloi de Montpellier pour une "évaluation globale" de son état de santé, avant son transfert quelques semaines plus tard vers un centre de rééducation, selon le chef du service Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition, Antoine Avignon.

"Il était très angoissé mais il a été pro-actif dans cette opération d'extraction. Une fois que l'on a soulagé la douleur, il s'est détendu et a bougé autant qu'il a pu", a confié l'un des secouristes au quotidien L'Indépendant. Alain Panabière s'était confié au quotiden peu de temps avant l'intervention, il avait fait part de son angoisse. "Je n'ai quasiment pas fermé l'œil. Mais au moins, maintenant, j'arrêterai de souffrir. Si je m'en sors. Je ne suis pas encore sorti d'affaire".

Me Codognès avait envoyé fin octobre une lettre au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin pour lui demander une intervention urgente. Quelques jours plus tard, son client et la Ligue nationale contre l'obésité avaient porté plainte contre X pour "non-assistance à personne en danger" et "omission de porter secours à personne en péril".


Cette affaire "jette une lumière très crue sur le drame de l'obésité que vivent en France des millions de gens aujourd'hui", affirme à l'AFP Agnès Maurin, la directrice de la Ligue contre l'obésité. "Ce drame qui fait qu'en bientôt 2021, des gens ne sont pas pris en charge parce qu'ils sont malades de cette pathologie, qui n'est pas reconnue comme une maladie par l'Etat français", déplore-t-elle. Elle dénonce une "prise en charge aléatoire, un manque de formation des médecins généralistes face à l'obésité qui touche sept millions de Français, selon une étude de 2012", précise Mme Maurin.

Pour Alain Panabière, la prochaine étape sera "de récupérer de l'autonomie, chose qu'il n'avait plus", a indiqué à la presse Me Codognès, reconnaissant que sa "situation n'est pas simple".