Des émeutiers ont attaqué l'hôpital Medisch Spectrum Twente (MST) d'Enschede, aux Pays-Bas, et ont tenté d'en briser des vitres sans succès, dimanche soir vers 23 heures, à la suite de manifestations contre les mesures sanitaires relatives au coronavirus qui ont émaillé le pays.

"Il est terrible que nous soyons maintenant des cibles. Surtout les personnes qui ont travaillé si dur pendant cette crise de la couronne", regrette une porte-parole de l'établissement.

Des images circulent sur les réseaux sociaux montrant des émeutiers attaquant le MST. La police est intervenue peu après, selon la porte-parole. "Le calme est revenu. Nous avons déployé une sécurité supplémentaire à l'hôpital."

La police s'est abstenue de tout commentaire, hormis un tweet: "#Enschede une vidéo qui circule donne l'impression qu'une fenêtre de l'hôpital a été cassée plus tôt dans la soirée. Ce n'est pas vrai. Aucune fenêtre de l'hôpital n'a été cassée".

Le syndicat de la police néerlandaise craint des troubles pour les jours à venir

Le syndicat néerlandais de la police (NPB) estime que les troubles vont se poursuivre pendant "des jours ou des semaines", après les émeutes qui ont suivi les manifestations contre les mesures sanitaires dans le pays dimanche soir. "J'espère que c'était un cas unique, mais j'ai peur que ce soit un signe avant-coureur pour les jours et les semaines à venir", a déclaré le directeur du syndicat, Koen Simmers à Nieuwsuur. Selon M. Simmers, des agents de la police anti-émeute ont été passés à tabac à Eindhoven. La police avait prévu qu'il y aurait des agitations. "Il y avait beaucoup d'informations et c'est pourquoi il y avait tant d'agents à Amsterdam et à Eindhoven", selon le syndicaliste, "Il n'est pas normal d'attaquer des policiers avec des armes mortelles", a-t-il ajouté.


L'instauration du couvre-feu ce week-end s'est accompagnée d'émeutes dans de nombreuses villes. À Amsterdam, la police a arrêté au moins 170 personnes dimanche. "Les personnes qui sont descendues sur place viennent de groupes en partie connus, comme des mouvements politiques ou des hooligans, mais il y a aussi des gens très en colère parmi eux", selon le chef de la police d'Amsterdam, Frank Paauw.

Le ministre de la Justice et de la Sécurité Ferd Grapperhaus a pour sa part déclaré: "Des images choquantes d'émeutes, de pillages et d'incendies criminels circulent. Cela n'a rien à voir avec une manifestation contre les mesures sanitaires. Il s'agit tout simplement d'un comportement criminel; des personnes qui attaquent délibérément la police, les journalistes et autres travailleurs humanitaires. Les maires et la police ont, à juste titre, agi avec sévérité".