Mardi "fut un jour noir pour la démocratie européenne car nous avons présenté de nombreux arguments juridiques qu'aucune démocratie ne peut ignorer", a affirmé Toni Comín, ancien ministre catalan de la Santé.

Les trois eurodéputés contestent notamment la compétence de la Cour suprême espagnole, qui a émis les mandats d'arrêt à leur encontre. Ils considèrent que l'affaire est du ressort des tribunaux catalans.

De plus, les accusations qui les visent sont infondées, selon Carles Puigdemont, Toni Comín et Clara Ponsatí, car le délit de sédition n'existe pas dans le droit de nombreux États membres de l'Union européenne. La Belgique et l'Allemagne avaient ainsi déjà débouté l'Espagne concernant ses demandes d'extradition des sécessionnistes catalans.

Le trio estime en outre qu'il n'y a pas suffisamment de garanties pour lui assurer un procès équitable en Espagne. L'ancien vice-président régional Oriol Junqueras, poursuivi pour les mêmes faits, avait été condamné à 13 ans de prison en octobre 2019.

La justice espagnole entend juger Carles Puigdemont, Toni Comín et Clara Ponsatí, qui siègent actuellement en tant qu'eurodéputés, pour sédition et détournement de fonds publics après leur participation dans l'organisation d'un référendum en 2017 sur l'indépendance de la Catalogne, riche région de 7,8 millions d'habitants située dans le nord-est de l'Espagne.

Les eurodéputés "ont subi une pression colossale de la part des grands partis espagnols" dans le but de lever l'immunité parlementaire des Catalans, a affirmé Toni Comín mercredi, pointant notamment la "surreprésentation espagnole" au sein de la commission des affaires juridiques du Parlement européen. Sur les 25 eurodéputés effectifs qui composent cette commission, cinq sont espagnols. Ils sont issus du Parti Populaire (PP), du Parti socialiste et des centristes de Ciudadanos. Si l'ancien gouvernement espagnol mené par les conservateurs du PP s'était montré dur envers les sécessionnistes, l'arrivée du socialiste Pedro Sanchez à la tête de l'État fédéral avait marqué une détente dans les relations entre Madrid et Barcelone. Une politique de dialogue par ailleurs critiquée par Ciudadanos.

Le trio catalan a affirmé ne pas "s'avouer vaincu" et a promis d'"informer jusqu'à la dernière minute" les eurodéputés, qui doivent encore se prononcer en séance plénière sur la levée de leur immunité parlementaire, en mars.