Un moment émouvant d’unité”, a tweeté samedi Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, pour qui “la vaccination est le moyen durable pour sortir de la pandémie”. La Commission a été le maître d’œuvre de cette campagne inédite dans les annales européennes.

Il faut faire vite : la pandémie a entraîné à ce jour le décès de plus de 400 000 personnes de l’UE, le Royaume-Uni y compris.

Partout, la priorité est les personnes âgées. En France, une ancienne aide ménagère de 78 ans, Mauricette, a été la première vaccinée dans une unité de soins de longue durée à Sevran. En Allemagne, c’est une résidente de 101 ans d’une maison de retraite dans la région de Saxe-Anhalt qui a reçu la première piqûre. En Suède, une femme de 91 ans a été vaccinée dans une maison de repos. En Slovénie, c’est un archevêque de 84 ans, Franc Kramberger, qui a inauguré le programme de vaccination.

L’approche de l’UE est radicalement différente de celle de la Russie. Avec son vaccin Sputnik V, Moscou a préféré d’abord vacciner les 18-60 ans dans un premier temps, n’entamant la vaccination des seniors de plus de 60 ans que depuis ce week-end. 
 

Le personnel médical à la fête

Dans certains pays de l’UE, comme en France, le personnel médical de plus de 65 ans est aussi en tête de liste, de même que les travailleurs des maisons de retraite.

La Roumanie a tenu à honorer l’infirmière Mihaela Anghel, 26 ans, employée à l’hôpital des maladies infectieuses Matei Bals. L’Italie a fait injecter ses premières doses à l’infirmière Claudia Alivernini et à la professeure Maria Rosaria Capobianchi, directrice d’un laboratoire de virologie à Rome.

“L’Italie se réveille”, a réagi le Premier ministre Giuseppe Conte sur Twitter, saluant une date qui “restera à jamais gravée dans nos mémoires”. L’Italie (plus de 71 600 décès) est, avec l’Espagne (près de 50 000) et la France (environ 62 700), l’un des trois pays de l’UE le plus touché par la pandémie.

Comme aux États-Unis, certains dirigeants de pays européens ont tenu à montrer l’exemple, pour encourager la population à dépasser ses craintes.

C’est le cas de la République tchèque, où le Premier ministre Andrej Babis, 66 ans, s’est fait administrer dimanche la première dose de vaccin, suivi par un vétéran de la deuxième guerre mondiale de 95 ans.

Le vaccin Pfizer/BioNTech étant le seul avalisé actuellement par l’autorité européenne des médicaments (EMA), la plupart des vaccins ont été acheminés depuis l’usine Pfizer de Puurs en Belgique, sous escorte policière.

La firme américaine a conclu un accord avec l’UE prévoyant l’approvisionnement de 200 millions de doses et la possibilité de demander 100 millions de doses supplémentaires. La Commission a fait ses emplettes chez d’autres fabricants, dans l’attente d’un feu vert de l’EMA, pour couvrir l’ensemble de la population européenne.

L’UE suit ainsi la trace de la Chine qui dès l’été dernier avait entamé la vaccination de sa population, suivie entre autres en décembre de la Russie, du Royaume-Uni, des États-Unis, du Canada, du Mexique et du Chili. 
 
 

La Belgique 24 heures plus tard

En Belgique, le programme de vaccination débute ce lundi à 11 heures dans trois maisons de repos. “ C’était plus facile de le faire le lundi que le samedi ou le dimanche, juste après Noël”, explique Caroline Leys, porte-parole du Commissariat Corona du gouvernement fédéral. “La Task Force Vaccination a agi en concertation avec les maisons de repos. Ce n’est pas qu’une question de (disponibilité du) personnel”.

Une première livraison de quelque 10 000 vaccins est arrivée samedi à l’UZ Leuven. Ils ont été immédiatement conservés dans un congélateur à -75 degrés. Et dimanche, ils ont été placés dans un réfrigérateur maintenant la température entre 2 et 8 degrés. Ce sont eux qui seront administrés ce lundi.