L'homme d'affaires, surnommé le "chef de Poutine" car sa société de restauration Concord a travaillé pour le Kremlin, est suspecté d'être liée à une "usine à trolls" que Washington accuse d'ingérence électorale et à l'opaque groupe de mercenaires Wagner.

M. Prigojine a désormais l'intention de faire payer à M. Navalny et à son alliée Lioubov Sobol 88 millions de roubles (près d'un million d'euros au taux actuel) de préjudices suite à la publication d'une de leurs enquêtes, a indiqué mardi soir dans un communiqué le service de presse de Concord.

M. Navalny et son équipe ciblent dans leurs enquêtes la corruption des élites russes, et engrangent des millions de vues sur les réseaux sociaux.

"J'ai l'intention de ruiner ce groupe de gens sans scrupules", a affirmé M. Prigojine selon ce communiqué, affirmant qu'une société de cantines scolaires, qui a conclu un contrat avec Concord, aurait subi un préjudice suite à une vidéo de M. Navalny incriminant son activité.

Il aurait dédommagé cette société et compte se rembourser auprès des opposants.

"Si Navalny rend son âme à dieu, je n'ai pas l'intention de le persécuter dans ce monde (...) S'il vit, il devra répondre avec toute la rigueur de la loi russe", a-t-il ajouté.

En mars, M. Prigojine avait réclamé 50 milliards de compensation aux Etats-Unis après avoir été sanctionné par Washington pour son rôle dans l'ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine de 2016.

M. Prigojine est aussi accusé - ce qu'il nie - d'être lié au groupe Wagner, dont les hommes serviraient notamment en Syrie, en Libye et dans plusieurs pays d'Afrique.

M. Navalny est hospitalisé à Berlin. Ses médecins allemands ont dit avoir établi qu'il présente des "traces d'empoisonnement".