Un ingénieur sans emploi de 45 ans a tué par balles deux femmes à Valence, a indiqué jeudi le procureur de la ville du sud-est de la France. Il a d'abord pris pour cible une employée de l'Agence nationale pour l'emploi (Pôle emploi) avant de s'en prendre à une salariée d'une entreprise. L'homme a été arrêté et placé en garde à vue. Vers 9h, le tireur a pénétré dans une agence Pôle Emploi de la ville de Valence où il a mortellement touché une employée. Il s'est ensuite rendu dans les locaux d'une entreprise spécialisée dans la collecte de déchets à Guilherand-Granges, situés à quelques kilomètres de Valence, où il a tué une autre femme âgée de 51 ans.

Tandis que le tireur présumé prenait la fuite en voiture en empruntant à contre-sens un pont en direction de Valence, il a percuté un véhicule de police qui tentait de l'intercepter. L'homme a alors été interpellé.

Ses motivations n'étaient pas connues dans l'immédiat.

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L'ensemble des agences Pôle emploi fermées vendredi

Les quelque 900 agences de Pôle emploi seront fermées au public vendredi et une minute de silence sera observée par les agents, après la mort de la conseillère, a indiqué l'opérateur public dans un communiqué.

"A la suite de l'agression mortelle dont a été victime l'une des collaboratrices de Pôle emploi ce matin, les agences Pôle emploi seront fermées au public" vendredi, indique le communiqué.

Le service communication de Pôle Emploi dans la région Auvergne Rhône-Alpes avait fait savoir un peu plus tôt que la décision avait été prise de fermer "l'accueil physique et téléphonique, ainsi que les formations programmées dans les 98 agences de la région" dès jeudi après-midi.

L'opérateur, dont le directeur général Jean Bassères était attendu sur place jeudi, souligne dans son communiqué qu'"un soutien psychologique a d'ores et déjà été proposé aux agents". Il ajoute qu'"en solidarité avec la famille de la victime, ses proches et l'ensemble de ses collègues, une minute de silence sera respectée (vendredi) à midi dans tout l'établissement".

"Ce temps permettra aux équipes de Pôle emploi de se recueillir. Les services de Pôle emploi restent accessibles à distance et les conseillers sont mobilisés pour accompagner les demandeurs d'emploi", poursuit l'opérateur.

Dans un communiqué, la fédération CFDT Protection Sociale Travail Emploi se dit "légitimement inquiète" face à "cette tragédie d'une violence inouïe". Le syndicat réclame "des actes forts" pour "répondre aux craintes des salariés de Pôle emploi" et note que "même si cet acte effroyable est exceptionnel, il montre aussi les difficultés que rencontrent les salariés de Pôle emploi dans l'exercice de leur activité professionnelle au quotidien, en particulier dans l'accueil du public".

La CGT de Pôle emploi fait part de son côté de sa "sidération" et souligne dans un communiqué que "dans ce contexte de crise sanitaire, sociale et économique, les situations d'accueil dans les services publics et les organismes de protection sociale sont particulièrement difficiles".

"La misère sociale et le désespoir d'une partie de la population peuvent malheureusement engendrer ces passages à l'acte", poursuit le syndicat qui demande notamment "des actes" en faveur des populations "les plus impactées".

"On est tous choqués, dans la colère et le recueillement", a commenté Nathalie Delbaere, déléguée du syndicat CGT, ajoutant: "Il faut que notre direction s'interroge maintenant pour savoir ce qui s'est passé car la maltraitance des demandeurs d'emploi entraîne la maltraitance des agents".