Le Parlement européen a largement rejeté mercredi soir une demande, transmise par un juge de Varsovie, de lever l'immunité parlementaire de Guy Verhofstadt pour des propos tenus à la tribune fin 2017. Les eurodéputés ont adopté par 632 voix pour, 59 contre et 5 abstentions un rapport parlementaire qui préconisait ce rejet.

Lors d'un débat en novembre 2017 en plénière à Strasbourg sur l'État de droit et la démocratie en Pologne, l'eurodéputé belge, alors président du groupe des libéraux européens, avait décrit les participants à une "Marche de l'indépendance" à Varsovie comme des "fascistes, néonazis et suprémacistes blancs".

Les images du rassemblement, avec des explosions de pétards, des fumées colorées de torches fumigènes et des slogans xénophobes, racistes, ou anti-islam scandés par l'extrême droite avaient provoqué une vague de critiques à l'étranger, certains médias utilisant le terme de "marche fasciste".

Mais une association proche du pouvoir conservateur en place à Varsovie, la "Ligue polonaise contre les diffamations", avait rapidement annoncé porter plainte contre l'ex-Premier ministre belge. En octobre dernier, le Parlement européen a reçu une demande d'un tribunal de district de Varsovie pour lever l'immunité parlementaire de M. Verhofstadt.

Cette demande a été examinée par la commission des Affaires juridiques qui a conclu en mars dernier que l'immunité du Belge ne devait pas être levée: "les déclarations de Guy Verhofstadt relèvent de l'exercice de ses fonctions de député et de son activité au Parlement européen."

La commission avait aussi noté que la demande, émanant d'un requérant civil qui avait participé à la marche en question, n'avait pas été relayée par le procureur - ce dernier a refusé d'engager la procédure - mais par le seul juge qui l'a transmise de manière purement formelle.