L’homme de 39 ans a été remis aux autorités belges. La presse de Sarajevo évoque un autre suspect.

Le ressortissant bosnien soupçonné d’avoir fourni des armes aux terroristes qui ont mené l’attaque contre le Bataclan le 13 novembre 2015 a été remis aux autorités belges, a annoncé lundi le parquet de Naumbourg (Saxe-Anhalt).

Adis A., 39 ans, avait été arrêté à la fin juin en Allemagne sur base d’un avis de recherche des autorités françaises et d’un mandat d’arrêt européen délivré par la juge d’instruction belge. Il a été transféré d’abord en Belgique car le parquet fédéral est en charge de la filière "armes" des attentats de Paris et de Bruxelles.

Sur l’une des kalachnikovs utilisées à Paris, on a retrouvé l’empreinte ADN du suspect, selon plusieurs sources. L’enquête a mené les policiers d’abord à Amsterdam, puis à Dresde.

La juge d’instruction belge n’a pas souhaité communiquer sur ce dossier lundi, ni même confirmer l’extradition du Bosnien.

Mais la presse de Sarajevo en a dit déjà beaucoup plus à la fin juin, en s’appuyant sur les demandes d’information fournies par la Belgique à la justice bosnienne.

Selon plusieurs médias de Bosnie et de Croatie, Adis A. est originaire de Zenica, en Bosnie centrale. Il a été condamné dans son pays pour trafic de drogues et d’armes. Il aurait opéré avec un Liégeois d’origine croate, Nicolas G., que la Croatie a livré à la Belgique en décembre 2018. Ce Liégeois a été en contact avec Ibrahim El Bakraoui en 2015, selon ces médias.

Quoi qu’il en soit, cela confirme les liens étroits entre le crime organisé et les djihadistes belges et français qui ont participé aux attentats de Paris et de Bruxelles. Ces derniers semblent avoir trouvé dans le milieu criminel les armes dont ils avaient besoin. Et ce milieu, ils le connaissaient.