Les propos d'un militant du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), Stefan Bauer, choquent outre-Rhin. Et pour cause : celui-ci a comparé les vaccins contre le coronavirus au Zyklon B, gaz utilisé par les nazis dans les camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale.

"N'espérons pas que quelqu'un envisage d'installer un camp de concentration ici à nouveau. Pas même pour les personnes qui refusent la vaccination ou qui ne veulent pas se faire tester. ... nous n'avons pas besoin d'un autre Zyklon B, que ce soit AstraZeneca ou BioNTech", a-t-il déclaré.


Dans un communiqué, le mémorial du camp de concentration de Mauthausen affirme rejeter ces propos. "Le Mémorial du camp de concentration de Mauthausen condamne l'instrumentalisation de millions de victimes nazies pour faire passer un programme politique qui n'a aucun rapport avec leur expérience de la souffrance. De telles comparaisons dans le contexte des mesures de Covid 19 parlent soit d'une ignorance historique effroyable, soit d'une manipulation inflammatoire délibérée de l'opinion."

Interrogé par le quotidien allemand Bild, le ministre autrichien de l'Intérieur d'est dit stupéfait par l'incident. "Comparer le vaccin Covid19 avec le poison Zyklon B, qui a causé la mort de millions de personnes, non seulement répand des théories de conspiration, mais est aussi dégoûtant et criminel. Faire une telle chose dans un mémorial aux victimes de l'Holocauste est difficile à battre en termes de mauvais goût", explique Karl Nehammer.

"Nous voyons ici une forme de révisionnisme historique qui contribue à relativiser et à banaliser les crimes du national-socialisme. Les déclarations de l'homme politique de l'AfD sont absolument inacceptables. Des poursuites pénales seront immédiatement engagées auprès du ministère public compétent - comme ce fut le cas pour les manifestations à Vienne", a-t-il déclaré.

Le parti d'extrême droite allemand a été placé sous surveillance policière la semaine passée par les services de renseignement allemands suite à de multiples atteintes à l’ordre démocratique.