Le projet, officiellement lancé mercredi, après la signature en novembre dernier d'un accord entre Athènes et le géant allemand de l'automobile, vise à remplacer entièrement les véhicules d'Astypaléa par un millier de voitures électriques Volkswagen.

Baptisée "le papillon de la mer Egée" en raison de sa forme, cette île de 1.300 habitants est visitée chaque année par quelque 70.000 touristes pour ses plages immaculées, sa mer cristalline et ses maisons blanches.

A l'horizon 2026, le projet ambitionne de faire d'Astypaléa "la première île durable de Méditerranée", où "la mobilité sera électrique, alimentée par une électricité verte produite localement", promet le gouvernement grec, qui a déployé mercredi plusieurs ministres dont le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis sur l'île de l'archipel du Dodécanèse.

"Astypaléa sera un futur laboratoire de la décarbonisation en Europe", a déclaré Herbert Diess, le patron du groupe Volkswagen, venu sur l'île avec une poignée de ses véhicules ID3 et ID4 destinés d'abord aux autorités locales.

"Aujourd'hui, nous pressons le bouton start pour électrifier l'île", a déclaré le PDG de Volkswagen, qui veut tourner la page du scandale des moteurs diesel truqués.

La vente des voitures électriques aux particuliers commencera fin juin. Les autorités grecques financeront les bornes de rechargement et inciteront les habitants et les loueurs à se tourner vers les véhicules électriques.

Le projet, d'un montant total de 10 millions d'euros financés par les deux partenaires, prévoit des aides à hauteur de 12.000 euros par véhicule, soit une estimation de départ de quelque 6 millions d'euros d'investissement gouvernemental dans le projet. Des "incitations (destinées) à faire de notre voyage un avenir plus propre, plus vert et plus durable", s'est félicité le Premier ministre.

A terme, quelque 200 véhicules seront mis à disposition des touristes qui pourront eux-mêmes contribuer à l'économie locale et à la lutte contre le changement climatique.

Les autorités locales et nationales espèrent voir le parc automobile d'Astypaléa diminuer d'un tiers, de 1.500 véhicules actuellement à 1.000 véhicules électriques d'ici à cinq ans.

"Maîtriser le soleil et le vent"

"Ensemble nous allons maîtriser le vent et le soleil pour propulser un avenir plus lumineux", a lancé le chef du gouvernement grec.

"Astypaléa sera le banc d'essai de la transition verte: l'énergie autonome, et entièrement alimentée par la nature. Cette magnifique île est le pilier central de cette transition", a-t-il déclaré.

Car les insulaires seront à terme débarassés des générateurs diesel qui actuellement alimentent leurs foyers.

Et la flotte de véhicules électriques, ainsi que les bornes de rechargement de même que tous les foyers seront alors alimentés par des énergies renouvelables comme le vent et le solaire, selon le gouvernement grec, qui prévoit de faire d'Astypaléa "un modèle d'île autonome" avec une infrastructure de stockage.

D'ici 2026, 80% des besoins locaux seront ainsi couverts par l'énergie produite à Astypaléa, permettant une réduction des émissions de CO2 de 70% et une baisse des coûts d'énergie de 25%, selon la même source.

Le maire d'Astypaléa Nikos Komineas a dit vouloir "inspirer d'autres îles grecques et européennes".

"Nous voulons envoyer un message d'espoir et de transformation", a renchéri le vice-ministre grec des Affaires étrangères Kostas Fragkogiannis, initiateur du projet.

"Nous rechercherons en temps réel ce qui pousse les gens à se tourner vers la e-mobilité et quelles incitations sont nécessaires pour la transition vers un style de vie durable", a ajouté le PDG de VW, Car "au niveau mondial, la protection du climat suscite une énorme attraction", a-t-il dit.

Dans sa course pour rattraper le pionnier américain de la voiture électrique, Tesla, le constructeur allemand a dit en mars vouloir vendre en 2021 un million de voitures électrifiées et compte dominer ce marché "au plus tard" en 2025.

Le groupe a prévu d'investir 45 milliards d'euros en cinq ans dans son virage électrique.