La journaliste russe Svetlana Prokopyeva a été condamnée lundi à une amende de 500.000 roubles (quelque 6.150 euros) pour apologie du terrorisme, lors d'un procès qui a suscité des critiques à l'échelle internationale. La somme dont elle doit s'acquitter dépasse de loin le salaire annuel moyen russe. Six ans de détention dans un camp et quatre ans de radiation avaient été requis.

Mme Prokopyeva était poursuivie pour avoir commenté la nature brisée de la société russe après une tentative d'attentat à la bombe commise il y a deux ans par un jeune de 17 ans contre le service de renseignement russe FSB.

Mikhail Shlobizky avait planifié l'attaque pour protester contre des procès mis en scène et l'utilisation de la torture par le FSB. Il a péri dans l'explosion.

L'association des journalistes russe a dénoncé le procès comme une atteinte à la liberté de la presse et son directeur a demandé à ce que le jugement soit révoqué.

Le porte-parole de la politique étrangère de l'UE a aussi condamné un jugement "injustifié". "Les poursuites à l'encontre de Mme Prokopyeva témoignent de la diminution constante, ces dernières années, de l'espace laissé au journalisme indépendant et à la société civile au sein de la Fédération russe", a-t-il déploré dans un communiqué.

Plusieurs personnes ont été arrêtées ce week-end alors qu'elles manifestaient contre le procès à Moscou.

La journaliste s'oppose aux charges retenues à son encontre et a déclaré qu'elle interjetterait appel de sa condamnation, invoquant la liberté d'expression et de la presse. "La répression se développe lentement (...) Je n'ai pas peur de critiquer le gouvernement. Je n'ai pas peur de critiquer les services de sécurité et de dire aux organes de pouvoir qu'ils ont tort quand c'est le cas. Parce que je sais que ce serait terrible de ne rien dire."