L'agresseur a été interpellé après un échange de coups de feu durant lequel deux gendarmes ont été blessés, notamment à la main et au bras, selon la gendarmerie. Un troisième gendarme était en état de choc. Le suspect avait été blessé lors de l'arrestation, selon une source proche du dossier, et a succombé.

Le pronostic vital de la policière est engagé, selon la gendarmerie.

D'après un photographe de l'AFP présent sur les lieux, une dizaine de détonations en deux salves ont retenti près de la brigade de gendarmerie, dans une zone d'habitation. Une vingtaine de gendarmes du GIGN armés de boucliers, casqués, tenaient leurs armes en joue derrière des poubelles, dans des buissons...

Une témoin a indiqué à l'AFP avoir vu un homme en civil au sol entouré de gendarmes, rue André Franquin, près de la gendarmerie de La Chapelle-sur-Erdre, après un échange de tirs.

Une vaste chasse à l'homme avait été lancée après l'agression au couteau de la policière dans les locaux de la police municipale de cette commune au nord de Nantes, vendredi vers 10H30.

Quatre-vingt gendarmes, dont l'antenne du GIGN de Nantes, ont été déployés pour retrouver l'auteur des faits qui s'était enfui avec l'arme de la policière.

Deux hélicoptères survolaient la zone. Trois équipes cynophiles et un escadron de gendarmes mobiles ont participé aux recherches. La section de recherches de la gendarmerie de Nantes est chargée de l'enquête.

Les écoles aux alentours ont été sécurisées.

Cette attaque intervient un peu plus d'un mois après celle de Rambouillet (Yvelines), au cours de laquelle une fonctionnaire de police a été tuée au couteau à la gorge par un homme, abattu par balles par un policier, au sein du commissariat.

L'agresseur radicalisé 

L'assaillant avait "un profil hybride, radicalisé et malade psychiatrique très lourd", a indiqué une source proche du dossier. Un schizophrène fiché pour radicalisation et "signalé pour une pratique rigoriste de l'islam", a précisé Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur. "La policière municipale a été courageuse et a su se protéger avec les moyens qu'elle avait et malgré ses blessures importantes elle va survrivre et c'est une très bonne chose", a déclaré Gérald Darmanin lors d'un point presse dans cette commune située au nord de Nantes.

Une fois retrouvé, cet homme d'une quarantaine d'années "a voulu manifestement s'en prendre de nouveaux aux gendarmes", et ce "manifestement" avec l'arme de la policière. Les gendarmes "ont riposté" et l'homme a succombé à ses blessures, a détaillé M. Darmanin.

"Cet individu, Français né en France d'une quarantaine d'année, est connu des services de police, sortait de prison et en 2016 il avait été signalé pour une pratique rigoriste de l'islam pour radicalisation et ainsi inscrit au fichier FSPRT" (Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste), a dit M. Darmanin.

D'après une source proche du dossier, l'homme, écroué en mars 2013, purgeait principalement une peine de huit ans d'emprisonnement prononcée par la cour d'assises du Nord le 7 octobre 2015 pour vol aggravé et séquestration. Il avait été libéré le 22 mars. A sa libération, le suivi socio judiciaire auquel il avait été condamné en 2015 a été mis en place immédiatement, notamment l'obligation de soins. Il était diagnostiqué comme schizophrène.

"Acte lâche et barbare"

"Mes pensées vont à la policière attaquée ce matin à La Chapelle-sur-Erdre et à sa famille. L'horreur de cette nouvelle agression doit conduire à un sursaut national pour protéger ceux qui nous protègent", a réagi sur Twitter Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat.

"De tout coeur avec cette policière municipale grièvement blessée. Courage à nos policiers mobilisés pour arrêter l'auteur de cet acte lâche et barbare", a réagi sur Twitter la présidente (LR) de la région Pays de la Loire Christelle Morançais.

La présidente du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen a apporté son "soutien à cette policière" ainsi qu'"à ses collègues et à ses proches". "Je refuse que les agressions contre nos policiers deviennent notre quotidien. Il faut combattre enfin cette barbarie et ne jamais, absolument jamais s'y habituer", a-t-elle ajouté sur Twitter.

"Plus que jamais, les forces de sécurité doivent être soutenues par des moyens mais aussi des mesures législatives protectrices", a indiqué l'ancien ministre François de Rugy (LREM).

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a également apporté son "soutien à la policière (...) violemment attaquée dans l'exercice de ses fonctions. Courage à ses proches, ses collègues qui affrontent cette épreuve", a-t-il tweeté.

Plusieurs membres des forces de l'ordre ont trouvé la mort depuis 2012 en France dans des attaques, le plus souvent commises au nom du jihad.

Le 3 octobre 2019, un informaticien travaillant à la Direction du renseignement, Mickaël Harpon, converti depuis une dizaine d'années à l'islam, avait poignardé à mort trois policiers et un agent administratif dans l'enceinte de la préfecture de police de Paris avant d'être tué.

Auparavant le groupe Etat islamique (EI) avait revendiqué la mort en mars 2018 du lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, 45 ans, mortellement blessé par le jihadiste Radouane Lakdim dans un supermarché de Trèbes (Aude) et du policier Xavier Jugelé en avril 2017 sur les Champs-Elysées.

En juin 2016, un policier et sa compagne, secrétaire au commissariat de Mantes-la-Jolie, avaient été tués à coups de couteau à Magnanville (Yvelines) par un homme affirmant agir au nom de l'EI.