"Valentin, c'est papa, je t'aime, on t'aime, (...) nous sommes tous avec toi, bisous, papa", a lancé Frédéric Marcone, dans un message transmis via la gendarmerie à son fils de 29 ans, caché dans la forêt cévenole depuis mardi matin après avoir abattu son patron et un de ses collègues dans la scierie où il travaillait, dans le village des Plantiers (Gard).

Quelques heures plus tôt, jeudi matin, les gendarmes qui ratissent le secteur pour retrouver Valentin Marcone avaient lancé un appel à témoins pour tenter de le débusquer, décrivant un homme de "type européen, 1,70 m, treillis vert et veste de camouflage, considéré comme dangereux".

Le fuyard est "susceptible d'être porteur d'une arme de poing et d'une carabine de précision", précisait ce texte, appelant les personnes qui pourraient le croiser à n'intervenir "en aucun cas" eux-mêmes mais à contacter les enquêteurs au 04.66.38.67.22. C'est avec cette même arme de poing que Valentin Marcone, chasseur et tireur sportif, est soupçonné avoir commis son double meurtre.

Cet appel à témoins est accompagné d'une photo du suspect, un homme à l'apparence très jeune, cheveux châtain très courts et fines lunettes, à la corpulence moyenne, arborant un léger sourire.

"L'hypothèse désormais c'est qu'il aurait pu prendre la fuite plus loin, au-delà du périmètre de 15 km2 que nous fouillons depuis le départ", a expliqué à l'AFP la porte-parole de la gendarmerie en Occitanie.

Plusieurs coups de carabine auraient ainsi été entendus près de Saint-André-de-Valborgne, selon le maire de cette commune de 400 habitants située à 1h15 de marche au nord des Plantiers. "Il y a eu d'abord cinq coups de carabine vers 11h00, puis 10 coups vers 13h00", a précisé Régis Bourelly, auprès de la presse rassemblée à Saumane, village voisin des Plantiers, en parlant aussi de quelqu'un "criant dans les bois". "Je pense que c'est lui qui a tiré parce qu'on n'est pas en période de chasse", a-t-il ajouté.

"A chacun de ces signalements nous allons sur place pour lever les doutes", a précisé à l'AFP le colonel de gendarmerie Laurent Haas, précisant être "en permanence" alerté sur de nouveaux signalements.

Quatre familles "exfiltrées"

Sur le terrain, près de 300 gendarmes, et notamment des unités d'élite du GIGN et du peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG), continuent de traquer Valentin Marcone, soutenus par huit hélicoptères et des équipes cynophiles.

Mais trouver le fugitif risque d'être ardu: "Le gars est du pays, chasseur, il connaît tout, toutes les combines, tous les passages, c'est très difficile pour ceux qui ne connaissent pas le territoire", a assuré à l'AFP un professeur d'histoire-géographie à la retraite installé à Saumane, sans vouloir donner son identité.

Quant aux habitants des Plantiers, ils étaient toujours quasiment confinés jeudi. Quatre familles ont demandé à être "exfiltrées" face aux événements, a précisé le maire de la commune, Bernard Mounier.

"Il faut montrer patte blanche", confirme Christine, habitante d'un hameau voisin, interrogée à son arrivée à Saumane après avoir traversé le petit pont gardé par deux véhicules des forces de l'ordre.

"Sereine", cette femme ne craint pas le fugitif: "Je ne crois pas qu'il en veut à la population. Il a dû péter les plombs, avec tous les soucis qu'il a eus", assure-t-elle, en évoquant à la fois le confinement face au Covid et "des différents avec l'ancienne mairie".

Selon les premiers éléments sur le drame lui même, le meurtrier présumé était en conflit avec son employeur. Et c'est à la suite d'une simple remarque de son patron, à qui il n'aurait pas dit bonjour, qu'il aurait sorti un pistolet et tiré, l'abattant lui puis un de ses collègues de plusieurs balles dans la tête.