L'Autorité d'information financière (AIF), le gendarme financier qui traque les transactions suspectes au sein de la banque du Vatican mais aussi d'autres entités du Saint-Siège, a remis quinze dossiers suspects au procureur du Vatican en 2019, a-t-elle annoncé vendredi. Selon son rapport 2019, l'autorité indépendante (logée dans la Cité du Vatican) a reçu un total de 64 signalements d'activités potentiellement suspectes.

De manière préventive, trois transactions financières d'un montant de 240.000 euros ont été suspendues et un compte bancaire de 179.000 euros appartenant à une personne sous enquête à l'étranger a été gelé.

Au final, 15 dossiers ont été envoyés à la justice vaticane pour enquête, contre 11 en 2018 et 8 en 2017. La plupart de ces cas concernent des étrangers ou des sociétés étrangères, soupçonnés de fraudes internationales.

2019 a été une année houleuse pour l'AIF, qui s'est retrouvée au coeur d'une enquête sur le circuit de financement opaque d'un immeuble de luxe londonien acheté par le Saint-Siège ayant abouti à des perquisitions dans ses bureaux à l'automne et à la suspension de son numéro deux. L'affaire avait ensuite conduit au départ de son président, le Suisse René Brülhart.