Cette annonce intervient alors que plusieurs élus, notamment dans le Grand Est, s'inquiètent d'un rebond de l'épidémie, et alors que le ministre de la Santé, Olivier Véran, n'a pas exclu dimanche l'hypothèse d'un troisième confinement de la population.

"Nous n'excluons jamais des mesures qui pourraient être nécessaires pour protéger des populations. Ça ne veut pas dire qu'on a décidé, mais qu'on observe la situation heure par heure", avait-il souligné dans un entretien au Journal du Dimanche.

Les autorités redoutent l'arrivée d'une troisième vague dans les semaines qui suivent les fêtes de fin d'année. Elles observent déjà un rebond des contaminations dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté et dans le département des Alpes-Maritimes.

Le président (LR) de la région Grand Est, Jean Rottner, et le maire (PS) de Nancy, Mathieu Klein, ont appelé de leurs voeux lundi un reconfinement local, jugé "inéluctable" par ce dernier face au rebond de l'épidémie de Covid-19 dans la région.

"La courbe n'est pas horizontale, elle remonte en termes de circulation du virus, et donc la question se pose d'avoir recours à un nouveau confinement", a déclaré à l'AFP Jean Rottner, médecin urgentiste, à la veille d'un nouveau conseil de défense sanitaire à l'Elysée. "Le plus tôt sera le mieux et s'il y a une décision à prendre, j'espère qu'elle sera prise demain, et qu'on n'attendra pas une semaine de plus", a-t-il souligné.

Pour Jean Rottner, un confinement instauré pendant la période des vacances de fin d'années "portera moins à conséquence sur l'activité économique et scolaire" qu'un éventuel reconfinement "contraint et forcé à la rentrée".

"Je pense que la perspective du reconfinement est une perspective aujourd'hui inéluctable", a de son côté déclaré Mathieu Klein sur France Info, tout en laissant à l'Etat le soin d'en fixer le périmètre, qui pourrait être celui de la région ou de la métropole.

"Ici dans le Grand Est, et particulièrement en Lorraine et à Nancy (...) la circulation du virus s'est accélérée fortement depuis quinze jours, trois semaines", a fait valoir le maire de Nancy.

"Très inquiet", celui-ci a évoqué une situation "très tendue" à l'hôpital avant même les réveillons de Noël et du Nouvel an.

"En quinze jours, à l'hôpital de Nancy, nous sommes passés de 117 à 163 patients hospitalisés pour le Covid", ceux-ci occupant désormais "la moitié des lits de réanimation", a-t-il précisé.

"Le Covid est entré à l'hôpital, des clusters existent", a souligné Mathieu Klein, déplorant que l'on attende "qu'une situation se dégrade pour prendre des mesures alors que nous pourrions faire preuve de plus d'anticipation".

Le taux d'incidence hebdomadaire du Covid-19 est passé dans le Grand Est de 218,4 à 240,6 pour 100.000 habitants entre le 17 et le 24 décembre, selon les chiffres de Santé Publique France, contre une accélération plus faible, de 135,3 à 149,8, au niveau national.

Plus de 8000 nouveaux cas en 24h

La France a enregistré 8.822 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, selon Santé publique France dimanche soir, des données peu significatives le week-end suivant Noël.

Il faudra attendre un rééquilibrage dans les jours qui viennent, alors que la campagne de vaccination française a été lancée symboliquement dans deux structures hospitalières pour personnes âgées à Sevran, en Seine-Saint-Denis, puis à Dijon.

Au total, plus de 2,55 millions de cas de Covid-19 ont été confirmés depuis le début de l'épidémie, dont plus de 20.000 vendredi.