Au cours d'un entretien accordé à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel et publié vendredi, Mme Jourova, en charge des Valeurs et de la Transparence, avait affirmé: "M. Orban aime dire qu'il construit une démocratie illibérale. Je dirais: il construit une démocratie malade".

La Hongrie fait l'objet d'une procédure "article 7", pour cause de risque de violation grave et répétée des principes fondateurs de l'Union européenne, dont l'Etat de droit (indépendance de la justice, etc.).

Le Premier ministre hongrois, dont les politiques autoritaires font régulièrement des remoux dans l'UE, n'a pas tardé à réagir. "En traitant la Hongrie de 'démocratie malade', elle a insulté le pays et son peuple", a affirmé Viktor Orban dans son courrier.

Selon le Hongrois, les paroles de la commissaire sont "en contradiction avec le rôle de la Commission comme institution neutre et objective entérinée par le Traité de Lisbonne", ce qui justifie à ses yeux un appel à la "démission" de Mme Jourova. Entre-temps, son pays "suspend tous les contacts bilatéraux" avec la commissaire tchèque, a indiqué M. Orban.

Dans son entretien au magazine allemand, Vera Jourova avait relayé des inquiétudes qui sont en réalité déjà énoncées depuis des années par des organisations internationales et par les eurodéputés, notamment quant au manque d'indépendance et de pluralisme de la presse en Hongrie.