L'exécutif européen a envoyé dans la journée "une lettre de mise en demeure" à Londres pour violation du protocole spécifique à l'île d'Irlande, contenu dans le traité de retrait signé fin 2019. En cause: l'annonce le 3 mars par le gouvernement britannique d'un report de six mois --jusqu'au 1er octobre-- de certains contrôles sur l'arrivée de marchandises en Irlande du Nord depuis l'île de Grande-Bretagne.

La province britannique constitue depuis des années un point d'achoppement majeur du Brexit. Viscéralement attachés à la couronne britannique, les unionistes d'Irlande du Nord demandent la suppression pure et simple du protocole, dénonçant l'établissement d'une frontière au sein même du Royaume-Uni.

"C'est la seconde fois en six mois que le gouvernement britannique s'apprête à violer le droit international", affirme un responsable européen.

L'an dernier, le gouvernement de Boris Johnson avait en effet menacé de voter un projet de loi bafouant le protocole sur l'Irlande du Nord, avant de faire marche arrière face aux protestations.

La procédure lancée lundi "n'est pas la bienvenue, mais l'approche du gouvernement britannique ne laisse aucune alternative à l'UE. Changer unilatéralement la façon dont le protocole est mis en oeuvre est une violation de l'accord", a commenté le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney.

Signe de l'exaspération qui monte à Bruxelles, le Parlement européen avait renoncé jeudi à fixer une date pour la ratification de l'accord commercial post-Brexit.

"Si le Royaume-Uni ne respecte pas l'accord précédent (le traité de retrait), quel est le sens de ratifier celui qui est sur la table?", avait déclaré le co-président du groupe des Verts au Parlement européen, Philippe Lamberts.