Visé par les plaintes de quatre hommes, dont trois au moins l'accusent d'attouchements sexuels, l'ancien nonce apostolique, qui nie les faits, a vu son immunité diplomatique levée par le Saint-Siège en juillet 2019, ce qui rendait possible d'éventuelles poursuites judiciaires dans cette affaire.

A l'issue de son enquête, le parquet de Paris a envoyé une citation à comparaître à l'évêque de 75 ans pour qu'il soit jugé devant le tribunal correctionnel de Paris, a confirmé à l'AFP le ministère public.

"Il sera présent à l'audience", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Bertrand Ollivier. "Il attendait cette audience pour défendre son honneur et innocence", a-t-il ajouté, soulignant que son client avait "participé spontanément à l'enquête et accepté l'audition et la confrontation".

"C'est une victoire", s'est félicitée de son côté Me Jade Dousselin, qui défend l'un des plaignants. "Le parquet valide ce que nous disions dès le départ, et conforte les victimes dans leur démarche de dénonciation et dans le fait que l'impunité ne pouvait pas perdurer", a-t-elle dit à l'AFP.

L'affaire avait éclaté en février 2019 avec la révélation de l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris, dans un contexte de multiples scandales sexuels touchant l'Eglise catholique.

La mairie de Paris avait signalé au parquet qu'un jeune cadre municipal s'était plaint d'attouchements répétés du nonce apostolique - des "mains aux fesses" - lors d'une cérémonie des voeux aux autorités diplomatiques en janvier à l'hôtel de Ville.

Deux autres plaignants s'étaient ensuite manifesté et avaient relaté des faits similaires survenus en 2018. Ces trois hommes ont été entendus par les enquêteurs. Une quatrième plainte a été déposée par un autre homme.

En mai 2019, Mgr Ventura s'était rendu à des confrontations avec plusieurs de ces plaignants.

Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Ventura occupait le poste de nonce apostolique depuis 2009 à Paris. Il était à ce titre chargé des relations du Saint-Siège avec les autorités françaises d'une part et avec les évêques de France d'autre part.

En décembre, la nonciature apostolique avait annoncé que le pape François avait accepté sa démission pour "limite d'âge".