Petit à petit, le pape François continue de tracer sa voie au Vatican. Ce samedi, c’est en "créant" (selon le terme officiel) treize nouveaux cardinaux qu’il a renforcé aux sommets de l’Église la ligne sociale qu’il entend donner à son pontificat. Issus de tous les continents et parfois de petits diocèses situés aux "périphéries du monde", tous proches de ses options pastorales et globalement jeunes (avec une moyenne d’âge de 66 ans), ces treize prélats viennent renforcer la désormais importante cohorte des 101 cardinaux nommés par François. Une cohorte d’autant plus importante que près de 60 % des cardinaux électeurs du prochain pape auront été crées par le pontife argentin.

Alors que ses prédécesseurs choisissaient régulièrement des cardinaux européens et issus d’importants diocèses habitués à de tels honneurs, François va chercher les siens dans de petits diocèses, parfois anonymes. Ainsi de Cornelius Sim, vicaire apostolique du sultanat de Brunei sur l’île de Bornéo, État à majorité musulmane comptant seulement 16 000 catholiques. "C’est une église de périphérie cachée, petite comme une Fiat 500", s’est étonné dans un entretien à l’agence de presse AsiaNews l’homme de 69 ans, premier citoyen de son pays à être devenu prêtre, évêque et cardinal.

De même, l’archevêque de Kigali au Rwanda, Antoine Kambanda, 62 ans, est devenu samedi le premier cardinal de son pays, théâtre voici vingt-six ans d’un génocide dont il est lui-même un rescapé.

Un soutien aux Afro-Américains

Mais parmi les cardinaux de ce samedi, le plus médiatisé était l’archevêque de Washington Wilton Gregory, 72 ans, premier Noir américain à endosser la toque pourpre, un "soutien à la communauté afro-américaine", juge-t-il. Le prélat, toujours attentif à apaiser les tensions raciales (notamment après la mort de George Floyd) avait ouvertement dénoncé en juin l’attitude de Donald Trump face à des manifestants antiracistes. Il est aussi reconnu dans son pays pour son travail de lutte contre la pédophilie.

Notons aussi l’accession au cardinalat de trois prélats italiens fortement engagés auprès des plus démunis, dont le simple curé d’une paroisse de Rome, Enrico Feroci, 80 ans, longtemps dirigeant d’une antenne caritative.