Dix ans après l’assassinat de sa famille à Nantes (Loire-Atlantique), la traque de Xavier Dupont de Ligonnès se poursuit, annonce le Journal du Dimanche (JDD).

Une perquisition, infructueuse, a été menée le 18 mai dernier dans les murs de l’abbaye de Saint-Michel-en-Brenne (Indre).

Pour les policiers de la PJ de Nantes et de l’OCRVP (Office central pour la répression des violences aux personnes), il s’agissait de vérifier un énième témoignage disant avoir peut-être reconnu le célèbre fugitif dont le dernier signe de vie remonte au 15 avril 2011, à l’occasion d’un retrait d’argent dans une agence bancaire de Roquebrune-sur-Argens (Var).

Ce n’est pas la première fois que les enquêteurs explorent la piste des monastères, Xavier Dupont de Ligonnès entretenant des liens forts et anciens avec la religion catholique (éducation, influence de sa mère, Geneviève, qui a créé un groupe de prière, fréquentation de forums catholiques…).

Celui de Roquebrune-sur-Argens avait fait l’objet de vérifications en 2018. Mais aussi, dès 2011, celui de Sainte-Madeleine du Barroux dans le Vaucluse où Xavier Dupont de Ligonnès avait effectué, dans les années 1980, plusieurs retraites spirituelles dans cette communauté traditionaliste.

Dans le cas de Saint-Michel-en-Brenne, un élément historique a joué pour justifier cette perquisition. Ce fief traditionaliste, maison mère des Sœurs de la Fraternité Saint-Pie-X, a déjà abrité dans le passé un autre fugitif et sa famille : le milicien Paul Touvier, seul Français condamné pour crime contre l’humanité. Protégé par la mouvance pétainiste de l’Eglise, Touvier a séjourné à Saint-Michel-en-Brenne avant son arrestation à Nice en 1989. C’est en tout cas dans les sous pentes de l’abbaye intégriste de l’Indre que les gendarmes avaient retrouvé une partie des bagages et des archives du milicien.

Pour rappel, cinq membres de la famille Dupont de Ligonnès - la mère, Agnès, et ses quatre enfants Arthur, Thomas, Anne et Benoît - ont été assassinés entre le 3 et le 6 avril 2011 ; leurs corps ont été retrouvés le 21 avril 2011, dans leur maison nantaise.