"Cela a été plus compliqué à organiser, mais nous étions confiants", explique à l'AFP Alexandre "Dach" Dachary, coorganisateur de l'évènement avec Adrien "Zerator" Nougaret.

Certains des streamers les plus connus du pays sont attendus, dont Joueur du grenier, Mister MV ou Antoine Daniel, et, côté filles, Trinity, LittleBigWhale ou Gom4r.

Domingo aussi sera de la partie. Pierre-Alexis Bizot, de son vrai nom, s'est fait tester "une dizaine de jours avant et de nouveau mardi", raconte-t-il à l'AFP. "Tous ceux qui viennent de Paris vont voyager vers Montpellier dans un wagon réservé, nous avons pris toutes les précautions, on n'a pas envie d'envoyer un mauvais message".

"Nous respecterons tous les gestes barrière et porterons des masques pour les activités de groupe", poursuit Domingo.

Ce sera le cas quand le streamer Étoiles recevra dans son émission de culture générale ses "coreligionnaires" et Samuel Étienne, le présentateur de Questions pour un champion: "des barrières de plexiglas sépareront les candidats", décrit Domingo.

"Même un euro, c'est bien" 

Il manquera toutefois quelques grands noms, notamment Lucas "Squeezie" Hauchard, le streamer le plus suivi de France (15,1 millions d'abonnés sur sa chaîne YouTube). Cas contact, il a renoncé, au grand dam de ses fans. "J'ai le seum, Squeezie fait pas le Z Event. Je suis plus déçue pour ça que pour ma note de philo", a tweeté @anaisghx2.

Même avec ces absences, une fois tous les tests PCR reçus, une cinquantaine de streamers va se réunir dans un hôtel de Montpellier pour un week-end marathon de parties de jeux vidéos en ligne, discussions et performances, pour inciter leurs nombreux "viewers" à cliquer sur leurs chaînes Twitch pour faire des dons.

Le public, majoritairement jeune, ne donne pas forcément beaucoup, mais "même un euro, c'est bien", assure Dach. Et la petite monnaie finit par remplir des coffres.

L'année dernière à la même époque, la manifestation avait battu son record, avec plus de 3,5 millions d'euros de dons récoltés en un week-end pour l'Institut Pasteur.

Les éditions précédentes avaient permis de récolter presque 1,1 million d'euros pour Médecins sans frontières (2018), 500.000 euros pour la Croix Rouge (2017) et 170.000 euros pour Save the children, en 2016 (l'évènement était alors baptisé Avengers France).

Le tweet de Macron 

Ce sera "dur de faire mieux" qu'en 2019 cette année dans ces conditions, "mais on n'a pas vocation à battre des records, l'important est de soutenir une cause", explique Dach.

Pour les contenus, "il n'y a pas de guideline, chaque streamer diffuse ce qu'il veut", précise l'organisateur.

L'année précédente, les dons étant consacrés à l'Institut Pasteur, quelques jeux étaient prohibés, comme Plague INC, qui consiste à infecter la planète à coups de virus mortels, trop contraire à l'image de l'Institut.

Rien de tel cette année. "On a discuté avec Amnesty en amont, d'un commun accord nous n'avons pas jugé utile de sortir de jokers, il y a trop de jeux de guerres qui ont du succès en stream", sourit Dach. "C'est du jeu vidéo", plaide l'organisateur, "il faut juste faire attention au discours."

En quatre éditions, La manifestation a dépassé le seul monde des streamers et s'est installée dans le paysage: l'an dernier le président de la République Emmanuel Macron lui-même avait félicité dans un tweet les "gameurs français" pour la somme rapportée à Pasteur. "Vous êtes inspirants", avait-il écrit.

"Nous les gamers, sommes très actifs, on peut montrer qu'on peut aussi l'être pour la bonne cause", s'amuse Domingo. "Le gaming est de plus en plus cool, le succès du jeu Fortnite a beaucoup aidé. On était stigmatisés, mais nous ne sommes pas que des gens qui restons chez nous, on a aussi un coeur".