Le débat sur l'allongement du temps de travail est assez tendu en France. Emmanuel Macron devrait dévoiler prochainement sa position sur le sujet. La situation promet d'être explosive pour les jours qui vont suivre.

Il s'agit d'une véritable bombe à retardement pour le gouvernement du président Macron. Ce dernier aurait déjà dû présenter les grandes lignes de son programme "social" mais son allocution avait été reportée suite au drame touchant Notre-Dame. Il fera une annonce en grande pompe à l'Elysée ce jeudi 25 avril à 18 heures là-dessus. Après l'épisode du Grand Débat, il s'agira sans nul doute de l'un des moments les plus scrutés de son quinquennat.

Dans tous les cas, les Français se montrent préoccupés par la teneur du message qui sera le sien. Macron ayant déjà évoqué "des réductions liés à la dépense publique" ou encore "la suppression de certaines niches fiscales". Le contexte social du pays, jugé dégradé par plusieurs opposants au président, n'incite guère à l'optimisme. Son objectif premier viserait à augmenter la durée du temps de travail afin de financer sa grande promesse de baisse d'impôts. Il réfléchirait à instaurer deux nouvelles tranches sur le revenu afin d'alléger la classe moyenne et les plus précarisés. Un manque à gagner pour les caisses étatiques qu'il faudra bien combler d'une manière ou d'une autre...

54% des Français refusent de bosser plus

Faudra-t-il par conséquent travailler plus longtemps au vu de l'allongement de la vie ? Plusieurs députés ont déjà lancé leurs arguments devant les médias avant de se jeter dans la mêlée. Mais la mesure divise la majorité à l'Assemblée Nationale. La preuve en est donnée au vu de la sortie du bois du premier ministre, Edouard Philippe, affirmant que la réflexion autour de la réforme des retraites ne toucherait pas à l'âge légal de 62 ans. Néanmoins, selon un dernier rapport du ministère des Comptes publics, il faudrait trouver 9,2 milliards d'euros à l'horizon 2030 afin que le budget soit à l'équilibre.

Plusieurs formes sont envisagées : à savoir l'abandon des 35h, l'augmentation des années de cotisation retraite ou encore la suppression d'un jour férié. Qualifiée de piste la plus chaude, l'instauration d'une journée de solidarité serait susceptible de rapporter trois milliards d'euros par an dans les caisses de l'État. Aucune de ces idées n'est évidemment populaire auprès de l'opinion publique. Ainsi, selon un sondage Ifop publié dimanche par le JDD, 54% des Français sont opposés à l'idée de travailler plus. Les syndicats sont d'ores et déjà vent debout contre les projets de l'exécutif.

Emmanuel Macron a toujours eu du mal à s’accommoder de ce "tabou" des 35h mais rien ne dit qu'il osera pour autant faire sauter le verrou. Petite anecdote, il y a pile 100 ans, la journée de 8 heures était promulguée...