Plus de deux mois après l'attentat jihadiste au cours duquel un prêtre de 85 ans a péri égorgé, l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray (nord-ouest de la France) retrouve ses fidèles dimanche pour une cérémonie hautement symbolique.

Une procession partant du presbytère est prévue en milieu d'après-midi dans cette petite ville, avant une messe qui sera célébrée par l'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun.

Les habitants qui n'auront pas réussi à entrer dans l'église pourront suivre la cérémonie sur un écran géant.

De nombreux musulmans devraient se joindre à la foule, à l'extérieur de l'église, un appel en ce sens ayant été lancé à la prière du vendredi à la mosquée de la ville.

La petite église Saint-Etienne, datant du XVIe siècle, sera restée fermée aux fidèles exactement 68 jours, après l'attaque perpétrée le 26 juillet.

Ce jour-là, le père Jacques Hamel vient de terminer sa messe pour seulement cinq personnes, trois religieuses et un couple d'octogénaires, quand surgissent deux jihadistes de 19 ans en tenue de combat, armés de couteaux.

Le père est égorgé, un homme octogénaire poignardé, laissé pour mort (il survivra à l'attaque), tandis que les quatre femmes sont épargnées mais prises en otages jusqu'à l'assaut final de forces d'élite qui abattent les deux tueurs.

Dans les jours qui suivent, seule la police scientifique entre dans l'église, dont les curieux et les médias sont tenus éloignés par un très large périmètre de sécurité.

Le périmètre est ensuite resserré mais l'église reste entourée de barrières métalliques, devant lesquelles s'accumulent bouquets de fleurs, bougies et messages de sympathie au prêtre disparu.

L'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, commis au nom du groupe Etat islamique, est le dernier en date d'une série meurtrière entamée en janvier 2015 et qui a fait 238 morts en France.

Il est survenu 12 jours après celui de Nice, où un jihadiste au volant d'un camion avait fait 86 morts.