La ministre française de la Justice, Christiane Taubira, en désaccord avec l'exécutif sur un projet de déchéance de nationalité des auteurs d'actes de terrorisme, a remis sa démission au président François Hollande, a annoncé la présidence mercredi.

La démission de la ministre âgée de 63 ans, caution de gauche au gouvernement de Manuel Valls et honnie par la droite qui l'accus de laxisme, intervient alors que le Premier ministre doit présenter ce mercredi aux députés le texte définitif du projet de réforme constitutionnelle sur l'état d'urgence et la déchéance de nationalité.

"Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir (...) Pour le dernier mot à l'éthique et au droit", a commenté Christiane Taubira sur Twitter.

François Hollande et Christiane Taubira "ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s'ouvre à l'Assemblée nationale, aujourd'hui (mercredi) en commission des lois", écrit l'Elysée dans un communiqué.

Elle est remplacée par Jean-Jacques Urvoas, 56 ans, un proche de Manuel Valls, spécialiste des questions de sécurité, qui présidait jusqu'à ce jour la commission des lois à l'Assemblée nationale.

Manuel Valls doit défendre mercredi matin devant la commission des lois la réforme constitutionnelle voulue par François Hollande après les attentats de novembre. Celle-ci prévoit la constitutionnalisation de l'état d'urgence, décrété le 13 novembre et dont l'exécutif envisage par ailleurs la prolongation pour trois mois.

Le texte prévoyait aussi initialement l'inscription dans la Constitution de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés Français et condamnés pour crime terroriste, une mesure instituant une différence de traitement entre Français qui a fracturé la gauche. Dans le texte qui sera présenté mercredi, le gouvernement a supprimé toute référence aux binationaux tout en étendant la déchéance de nationalité aux auteurs des crimes les plus graves.


Démission de Christiane Taubira: premières réactions politiques sur Twitter

Voici de premières réactions sur Twitter à la démission de la garde des Sceaux Christiane Taubira:

Les Républicains:

Guillaume Larrivé : La démission de Mme ne servirait à rien si la même politique de désarmement pénal était poursuivie. Il faut tout changer ! + Mme aura été le pire ministre de la Justice de la Vème République.

Hervé Mariton: La démission de est logique, elle n'était plus en cohérence avec le gouvernement + J'ai combattu avec vigueur son projet de loi sur le mariage homosexuel et sa vision laxiste de la justice

Christian Estrosi : Espérons pour notre pays que la démission de entraîne la fin de la politique laxiste de ce gouvernement !

Eric Ciotti: Je me réjouis de la démission de Christiane Taubira qui doit marquer la fin de la dérive laxiste que connait notre Justice depuis 2012. La démission de C. Taubira constitue un nouveau camouflet pour l'autorité du Président, qui aurait dû sanctionner plus tôt ses positions.

Roger Karoutchi : Exit Taubira. Ne pouvait plus rester. Suis pas sûr que Valls pleure.. Le vrai pb est de savoir si,enfin,la ligne sécuritaire est celle du Gvt? + Urvoas remplace Taubira qui devient une opposante. Ce qui nous intéresse est de savoir quelle sera la politique pénale? lien police/ justice?

Luc Chatel : Le garde des sceaux démissionne le jour de la présentation de la réforme de la constitution. Les socialistes nous surprendront toujours.

Guillaume Peltier : La démission de Taubira, c'est bien. La suppression des lois laxistes, c'est mieux. Il faut un vrai changement de politique

Sébastien Huyghe : La démission de arrive bien tardivement après le massacre de notre droit pénal et une politique de la justice incohérente


UDI

Hervé Morin: #Taubira Le changement Place Vendôme, il était temps !


FN

Florian Philippot : Démission de : enfin ! Une très bonne nouvelle pour la France.

Steeve Briois : Symbole du laxisme et du mépris des victimes, démissionne enfin ! Restons cependant sans illusion sur la politique menée.

Nicolas Bay : démissionne. Pour une fois, on approuve sa décision. On attend avec impatience son petit poème d'adieu.


PS

Benoît Hamon: Toute mon affection à , toute ma reconnaissance pour son action à la Chancellerie, tout mon respect pour ses convictions.


Ecologistes

Cécile Duflot : Je salue chaleureusement la décision de courage et de conviction de : la fidélité à nos valeurs est une force.


Parti de gauche

Eric Coquerel : Démission de : le Titanic gouvernemental s'enfonce un peu plus sur tribord