Le Premier ministre Manuel Valls présente lundi soir de nouvelles mesures destinées à défendre le secteur du tourisme plombé par les attentats, notamment à Paris, avec un accent mis sur la sécurité.

Le chef du gouvernement, qui réunit en début de soirée à Matignon plusieurs ministres concernés dont Jean-Marc Ayrault (Affaires étrangères) et Bernard Cazeneuve (Intérieur), va présenter un plan doté d'une quarantaine de millions d'euros, selon des sources gouvernementales.

Le principal volet, qui devrait avoisiner 15 millions d'euros, concerne la sécurité des touristes, essentiellement en région parisienne, ont indiqué à l'AFP ces sources en amont du comité interministériel.

Il est ainsi prévu d'équiper plusieurs zones touristiques en caméras de surveillance, notamment dans des secteurs entachés récemment par des braquages (tunnel du Landy, hôtels de la périphérie parisienne...).

Une trentaine de musées et de salles culturelles doivent également voir leurs moyens de sécurité renforcés. Des mesures doivent également favoriser le dépôt de plainte des touristes en séjour dans la capitale.

Alors que les aéroports parisiens sont parfois confrontés à de longues queues aux entrées internationales du fait du renforcement des contrôles, plusieurs dizaines de bornes Parafe (passage accéléré par passeport biométrique) supplémentaires doivent être installées à Roissy et Orly pour accélérer les flux.

Le reste de l'enveloppe concerne des mesures techniques de soutien financier au secteur, notamment concernant le travail partiel, des campagnes de communication et l'augmentation des aides sociales aux vacances des retraités non imposables.

Avec pas loin de deux millions de touristes perdus en un an, la note est salée pour Paris et l'Ile-de-France où hôtels comme restaurants n'ont toujours pas retrouvé leurs clientèles étrangère et française après les attentats du 13 novembre 2015.

Pour l'ensemble de l'Hexagone, les arrivées internationales entre le 1er janvier et le 31 octobre ont chuté de 8,1%, selon les données du gouvernement. Ce sont les Japonais (-39%) qui ont le plus déserté la France, suivis des Chinois (-23%), des Allemands (-10,8%) et des Américains (-4%).

Le gouvernement avait déjà présenté un premier plan en mars, puis débloqué 10 millions d'euros en septembre pour promouvoir la destination France.

Le manque à gagner de la baisse du nombre de visites dépassera le milliard d'euros cette année, selon les professionnels, dans un secteur qui pèse près de 7,5% du PIB de la France.