L'éphémère ministre français Thomas Thévenoud, moqué pour avoir invoqué une "phobie administrative" censée expliquer ses déclarations de revenus en retard, a été condamné lundi à Paris à trois mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité.

Député (ex-Parti Socialiste) sortant, Thomas Thévenoud, 43 ans, a annoncé récemment qu'il ne se représentait pas aux prochaines élections législatives (11 et 18 juin) et qu'il arrêtait la politique.

Son épouse Sandra, qui était chef de cabinet du président du Sénat, a elle aussi été condamnée à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.

Le couple a ainsi été sanctionné par la justice pour avoir déclaré en retard ses revenus entre 2009 et 2013, et même ne pas les avoir déclarés du tout en 2012. Ils avaient régularisé leur situation en 2014 et se sont acquittés de 20.000 euros de pénalités.

Le parquet avait requis un an de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité contre Thomas Thévenoud, et six mois de prison avec sursis contre son épouse.

L'ascension politique de Thomas Thévenoud avait été brisée net par cette affaire. Avec neuf jours au gouvernement, il est l'un des deux ministres les plus éphémères de la vie politique française depuis l'établissement de la Ve République en 1958.

Quelques jours après sa démission début septembre 2014, l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné avait révélé en outre des impayés de loyer de l'ancien secrétaire d'État dans son appartement parisien. Le parlementaire avait alors dit à l'hebdomadaire souffrir de "phobie administrative".

Une "bêtise" qui a fait rire la France entière, "mais ça existe", avait-il déclaré à son procès, racontant avoir reçu des dizaines de témoignages de gens pour qui les démarches administratives sont difficiles.

L'affaire Thévenoud avait une nouvelle fois porté atteinte à la "République exemplaire" prônée par le président socialiste François Hollande, après le scandale des comptes cachés à l'étranger de l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac.