Ce samedi, à 20h30, Yvan Agac, le gérant du restaurant Pepper Grill de Saint-Ouen-l'Aumône, a eu une bien mauvaise surprise. Il a en effet reçu la visite d'une quarantaine de policiers lourdement armés dans son établissement.

Sans fournir aucune explication, ces policiers ont demandé aux clients de ne pas bouger, de mettre leurs mains bien en évidence sur la table. "Il y en a qui montent à l'étage, ils installent un périmètre de sécurité", explique Yvan. "A ce moment-là, j'entends des tapes au bélier sur les portes, je leur demande s'ils ne préfèrent pas que je leur passe les clés pour ouvrir au lieu de casser les portes mais ils ne me répondent pas". Au bout d'une petite heure, l'équipe part sans fournir d'explications. 

Si les policiers disposaient bel et bien d'une autorisation en bonne et due forme pour fouiller l'endroit, les méthodes employées ne plaisent pas du tout au gérant qui réclame des excuses de leur part. 

"L'état d'urgence déroge à l'état habituel qui ne permet pas ce genre de vérifiactions. Quand on fait des perquisitions qui ne donnent rien, on sait que c'étaient des fausses pistes", explique Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat unité SGP-Police Fo, interrogé par iTélé. 

Benard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, a pour sa part déclaré que "si des manquements interviennent lors des perquisitions, des instructions seront données et des rappels à l'ordre auront lieu. L'état d'urgence est un élément de l'état de droit. On doit combattre le terrorisme avec la plus grande fermeté mais dans le respect le plus rigoureux des règles de la République."