Le candidat de la droite à l'élection présidentielle française, François Fillon, a tiré lundi à Berlin le "signal d'alarme" pour une "Europe menacée de disparation" et estimé que la Russie avait vocation à devenir "un partenaire majeur" du continent. 

L'ancien Premier ministre, actuellement favori des sondages en vue du scrutin d'avril-mai, s'est exprimé dans un discours tenu devant une fondation proche du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel, qu'il a rencontrée dans la journée.

"Je tire le signal d'alarme", a-t-il dit, appelant à un "sursaut européen" car l'Europe est "menacée de disparition sur la scène internationale".

"L'Europe devrait décupler notre puissance, aujourd'hui elle la réduit. Elle devrait décider, elle hésite. Elle devrait simplifier, elle complique", a jugé M. Fillon. "A force de tergiversations nous ne savons plus où nous voulons aller ni ce que nous voulons construire ensemble, notre faiblesse nous disloque", a-t-il ajouté.

Le candidat de la droite a dit dans ce cadre faire le choix "clair du couple franco-allemand". Mais il a dans le même temps pointé du doigt les divergences entre son programme et la politique menée à Berlin.

"Nous avons des différences ? Assumons-les au lieu de les nier", plaide le candidat, afin de "trouver une place entre les Etats-Unis de Donald Trump, la Russie de Vladimir Poutine et la Chine de Xi Jinping".

M. Fillon a notamment réaffirmé sa position de fermeté sur la question des réfugiés. "La France ne peut pas accepter plus de réfugiés", a-t-il dit, alors que la chancelière allemande réclame elle davantage de solidarité de ses partenaires européens via un système de quotas d'accueil de demandeurs d'asile.

Concernant la Russie, l'ancien Premier ministre a aussi marqué sa différence estimant que ce pays a vocation à devenir "un partenaire majeur des nations européennes".

Mme Merkel plaide elle pour la fermeté à l'égard de Moscou, notamment via le maintien des sanctions au sujet de l'Ukraine.

"Plus on isole la Russie, plus elle use de sa puissance de façon unilatérale et plus elle bascule vers l'Asie", a argumenté M. Fillon, "je veux avec Moscou une relation franche, respectueuse, ferme si nécessaire".