Ce mardi, lors de ses vœux à la presse, l’hôte de l’Elysée devait clarifier son grand "tournant" social-libéral présumé. Et défendre son bilan. Le tout sur fond d'une vie privée mise à mal.

Voici les principales déclarations de François Hollande :

"J'ai une conviction, elle est profonde, c'est que si la France veut garder son influence sur le monde, alors elle doit impérativement retrouver de la force. Or, elle en a perdu ces dix dernières années." Il a évoqué une fuite en avant "depuis trop longtemps, avec un creusement des déficits des comptes publics, de la balance commerciale (...) Les premiers résultats sont là mais ils sont trop fragiles. Mais il y a eu une stabilisation du chômage. Une tendance se dessine. Il faut engager une bataille, ouvrir une nouvelle étape. En 2014, l'enjeu est que la croissance soit la plus rigoureuse possible."

Le président compte sur les entreprises. Il a longuement décrit son pacte de responsabilité, qui vise notamment à alléger les charges des entreprises. "Il nous faut produire plus, mieux." Pour Hollande, l'offre importe, "elle crée même la demande". Il souhaite notamment la poursuite de l’allègement du coût du travail, avec la fin des cotisations familiales d'ici 2017 pour les entreprises et les travailleurs indépendants, ce qui représente 30 milliards d'euros de charge. Il prône également "la réduction du nombre de normes et des procédures inutiles afin de faciliter la prise de décisions". Le président a également évoqué les contreparties qui "doivent être déclinées par branches professionnelles. Elles comporteront des objectifs chiffrés d'embauche".

"Ma méthode, c'est la négociation. Cette méthode a fait ses preuves (...) C'est maintenant que la France doit repartir pour rebondir." Le président a affirmé que les travaux du pacte de responsabilité s'achèveront pour la conférence sociale du printemps. Un conseil stratégique de la dépense évaluera chaque mois les politiques publiques."Entre 2015 et 2017 nous devons dégager 15 milliards. C'est beaucoup, ça n'a jamais été fait." François Hollande a affirmé qu'"il n'y aura pas de transfert de charges des entreprises vers les ménages."

François Hollande a également mis l'accent sur la jeunesse. Il a mis en avant l'importance du service civil, a annoncé une revalorisation des bourses universitaires et un renforcement de ma lutte contre le décrochage scolaire.

Il a évoqué également l'antisémitisme, qui doit être "pourchassé". "La loi sera appliquée partout et sans faiblesse."

L'Europe était aussi au coeur du discours. François Hollande a proposé plusieurs initiatives, notamment pour "une convergence économique et sociale entre la France et l’Allemagne", sur fond d'instauration d'un salaire minimal et d'une harmonisation des règles fiscales. Il a en outre souhaité qu'"il y ait un couple franco-allemand qui puisse agir pour l'Europe. Nous devons montrer une responsabilité commune". Il a prôné aussi la création d'une grande entreprise franco-allemande pour l'énergie.

François Hollande s'est ensuite penché sur le rôle de son pays sur la scène internationale, notamment au Mali et en Centrafrique.

"Trierweiler toujours première dame de France ?"

Après la présentation faite par François Hollande, les journalistes ont pu poser leurs questions au président. La première fut posée par Alain Barluet, journaliste du Figaro qui préside l'association de la presse présidentielle. Elle a concerné la vie privée de François Hollande suite à la parution de Closer. Le journaliste a évoqué un "besoin de clarification" Valérie Trierweiler est-elle toujours aujourd’hui première dame de France ?" La réponse du président : "Je comprends votre question. Chacun, dans sa vie personnelle, peut traverser des épreuves. C'est notre cas. J'ai un principe, c'est que les affaires privées se traitent en privé. Ce n'est ni le moment ni le lieu de le faire. Je ne répondrai à aucune question sur ce sujet aujourd'hui. Je le ferai au rendez-vous fixé." Ce rendez-vous, c'est lors de sa rencontre avec Barack Obama, le 11 févier, aux Etats-Unis.

A une deuxième question sur ce thème, qui concernait les suites judiciaires à donner à l'affaire, François Hollande a affirmé : "Mon indignation est totale. Parce que c'est une violation qui touche une liberté fondamentale, qui peut tous vous concerner. Nous devons avoir ce principe de respect de la vie privée et de la dignité personnelle."

La sécurité du président est-elle mise en jeu ? "Partout et à tout moment, ma sécurité est assurée, avec un service extrêmement efficace, que ce soit en public et en privé. Que personne ne s'inquiète là-dessus. Je remercierai le chef de l’opposition pour les sages précautions qu'il m'indique." Le socialiste a revendiqué sa liberté de circuler où il veut, quand il veut, avec une protection.

Sur sa cote de popularité et sur d'éventuelles erreurs lors de son mandat, le président a répondu par une question. "La popularité est-elle un atout et l'impopularité un handicap ? Ça dépend ce qu'on en fait." Il souhaite que la France soit plus forte qu'au début du mandat. "Ai-je fait des erreurs ? Sans doute", a-t-il rétorqué, avant de s'étendre sur le chômage. "Je fais en sorte que nous arrivions au résultat qui doit être la baisse durable du chômage."

Par rapport à l'affaire Dieudonné, François Hollande a d'abord tenu à "saluer une victoire". "Etait-il possible d'empêcher (Dieudonné) de faire des spectacles dont une partie était antisémite ? Nous avons dit qu'on allait l'empêcher", a précisé le président. Ajoutant que l'atteinte à la liberté des personnes était bafouée et que le trouble à l'ordre public n'était pas garanti. "Certains suivent M. M'bala M'bala en pensant qu'il n'est pas antisémite. Il est très important qu'ils puissent connaitre la réalité (...) Il faut continuer à dénoncer le caractère antisémite des spectacles de Dieudonné (...) Tous les citoyens doivent être protégés contre les discriminations."