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Le président de la République française François Hollande a annoncé lundi soir la nomination de Manuel Valls, le désormais ancien ministre de l'Intérieur, au poste de Premier ministre, lors d'une allocution télévisée depuis l'Elysée. Il succède à Jean-Marc Ayrault, qui occupait cette fonction depuis mai 2012 et qui avait annoncé plus tôt dans l'après-midi sa démission ainsi que celle de son gouvernement. Cette annonce intervient au lendemain de la lourde défaite des socialistes aux élections municipales, sur fond de forte abstention, le camp du président François Hollande enregistrant la perte de nombreuses villes, tandis que l'extrême droite revendiquait le "meilleur score de son histoire".

Assurant avoir entendu le "mécontentement" et la "déception" des Français, le chef de l'Etat a "confié à Manuel Valls la mission de conduire le gouvernement". "Le redressement du pays est indispensable. Celui de notre appareil productif. Celui de nos comptes publics. Celui de notre influence en Europe et dans le monde", a ajouté le président. Il a promis "une équipe resserrée, cohérente et soudée", qualifiée de "gouvernement de combat", pour "redonner de la force à notre économie".

François Hollande, au plus bas dans les sondages, a répété son objectif de mise en place d'un "pacte de responsabilité" entre l'Etat et les entreprises. "Moins de charges sur les entreprises, en particulier sur les bas salaires et, en contrepartie, plus d'embauches et plus d'investissement", a plaidé le président. Il a également annoncé "une réduction des impôts des Français et une baisse des cotisations payées par les salariés".

Peu après cette annonce, les deux ministres écologistes du gouvernement sortant, Cécile Duflot et Pascal Canfin, ont annoncé qu'ils "n'entendaient pas participer" au nouveau gouvernement de Manuel Valls, estimant que les "idées portées par le nouveau Premier ministre (...) ne constituent pas la réponse adéquate aux problèmes des Français".

Le parti de Gauche appelle à manifester, la droite trouve le remaniement insuffisant

Jean-Luc Mélenchon a appelé "l'opposition de gauche à ce gouvernement" à manifester le 12 avril prochain à Paris. Il se dit par ailleurs "très très triste pour son pays" qualifiant le choix de François Hollande de "plus grand diviseur de la gauche".

Jean-François Copé, le président de l'UMP a quant à lui jugé que "le limogeage de Jean-Marc Ayrault ne suffira pas à régler les problèmes". Nadine Morano, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a également déclaré que "les Français n'attendent pas de la forme mais des actes". Selon elle, les Français restent aujourd'hui "dans le flou".

Même s'il souhaite bonne chance à Manuel Valls, l'UMP François Fillon se montre néanmoins critique.

"Un homme dangereux" selon le FN

Le nouveau gouvernement n'est pas encore connu. Car, "selon la Constitution française, le président de la République nomme un gouvernement sur proposition du premier ministre", écrit Le Monde sur son site internet.

Dès que la nouvelle de cette nomination s'est répandue, Marine Le Pen a fait part de ses craintes (à voir en vidéo ci-dessous). Pour la présidente du Front national, Manuel Valls, est "un homme dangereux". Et d'ajouter: "Je pense qu'il n'a aucun respect pour les libertés publiques et les libertés individuelles des Français."