"Qu'on vous appelle M. le président, ça vous ferait kiffer?" La question est posée à l’occasion d’une rencontre avec les jeunes de banlieues le 26 mars dernier.

C’est à François Hollande qu’elle s’adresse. Et quelle que soit la réponse du candidat, on se dit que, oui, on aimerait sentir un peu plus que l’accession à l’Elysée, ça le ferait kiffer, François Hollande.

Pas facile pour un socialiste convaincu d’être représenté lors de l’élection présidentielle par un homme que les observateurs hésitent à affubler du mou surnom de « Flanby » ou du non moins reluisant « fraise des bois ».

D’autant que ce sont ses camarades du PS qui s’en sont si peu élégamment pris à lui. Les électeurs socialistes n’ont-ils pas eux-mêmes esquissé un léger sourire à ces mots ? Voire un rictus de dépit devant l’homme désormais chargé d’incarner leurs espoirs ? Il faut vraiment vouloir voter PS pour offrir son bulletin à Hollande, disent certains.

L’énarque, fils d’un médecin un peu trop proche de l’extrême-droite, est décrit par ses camarades de jeunesse comme un bellâtre qui avait son petit succès auprès de la gent féminine.

Il choisira Ségolène. Point de mariage mais 4 beaux enfants. Premier secrétaire du Parti Socialiste pendant 11 années, il se lance en politique au bras de sa compagne. Il est à ses côtés lors de la présidentielle de 2007 mais, en coulisses, la séparation est amorcée.

Elle est à ses côtés pour cette campagne 2012, après l’humiliante défaite infligée lors des primaires. Ils ont été compagnons, camarades socialistes, adversaires à l’investiture, et désormais alliés dans un combat commun : remettre la gauche au pouvoir en France. François Hollande a une nouvelle compagne, la journaliste Valérie Treirweiler. On sait que l’un de ses fils participe à sa campagne. Mais là s’arrête la médiatisation : il ne tombera pas dans le piège dans lequel s’est précipité tête la première Nicolas Sarkozy.

Ce fils de 27 ans aurait déclaré que son père ne provoquait pas le ‘même engouement’ que sa mère 5 ans plus tôt. Qu’importe, François Hollande entend bien s ‘imposer. On l’a dit trop mou, il a perdu 12 kilos. On l’a dit sans stature, il a haussé le ton. On le dit imprécis, il retourne le « compliment » et s’impose comme réfléchit.

« Je me sens porté par vous ! » lance-t-il à la foule lors de son meeting à Marseille. Et c’est bien, en effet, l’image qui s’impose : François Hollande prend de l’envergure au fur et à mesure d’une campagne dont il est le favori depuis la chute de DSK et sa victoire à la primaire.

Pas toujours facile d’être le favori d’une campagne qui s’amorce à peine. Il faut tenir la distance. Mais l’homme n’en est pas à sa première campagne. Il n’a jamais été ministre mais a déjà affronté un futur président : Jacques Chirac était son adversaires aux législatives de 81 en Corrèze. L’occasion pour Chirac de comparer le jeune Hollande, 26 ans à l’époque, au « labrador de Mitterrand ». Comparer ? Même pas !

Avantage au chien : « Il est moins connu que le labrador de Mitterrand » assénait Chirac. C’est dire que les surnoms en tout genre, l’homme a appris à les accepter avec philosophie.

« Tous ceux qui m'ont sous-estimé ont perdu » lâche-t-il au détour de son passage en banlieue.

Ses opposants le diront affable. Ses partisans loueront sa bonhommie. Son humour est décapant, il a la répartie aisée (demandez à Jean-François Copé, dont le débat face à Hollande, dans l’émission ‘Des paroles et des actes’ l’a laissé sur le carreau). Il veut ‘ré-enchanter le rêve français‘, si possible en étant un ‘Président normal’. Et l’homme n’entend là aucune contradiction.