Les enquêteurs ont identifié sur les images de surveillance la plaque d'immatriculation du scooter utilisé par le tueur de la fusillade de l'école juive de Toulouse au cours de laquelle trois enfants et un professeur ont été assassinés, a-t-on appris de sources policière et municipale.

Ils ont pu ensuite constater que le deux-roues avait été acheté en mai dernier, ce qui devrait permettre de faire progresser l'enquête. Selon une source proche de l'enquête, citée par l'AFP, le scooter a été dérobé à Toulouse, il y a plus d'une semaine, soit avant le premier meurtre d'un parachutiste le 11 mars à Toulouse, selon cette source. Il s'agit d'un scooter de type T-MAX de marque Yamaha.

La présidente du CRIF en région Midi-Pyrénées, Nicole Yardeni, a indiqué avoir pu visionner les images de la tuerie capturées par une caméra de vidéosurveillance avant que celles-ci ne soient placées sous scellés.

"On voit un homme qui court après des enfants, qui en attrape et qui met une balle dans la tête à un enfant de huit ans (...) Les images montrent un homme qui entre dans la cour de récréation et qui se met à courir et tirer. Je n'arrive pas à penser que cet homme est fou... On est dans le ressort du mal."

Nicole Yardeni a également confirmé que l'homme portait un casque et qu'il est "reparti tranquillement".

La même arme

"C'est la même arme" qui a été utilisée le 11 mars, lors du meurtre d'un militaire à Toulouse, puis quatre jours plus tard lors du meurtre de deux autres militaires à Montauban, et enfin lundi lors de l'attaque contre un collège juif à Toulouse qui a fait quatre morts, a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.

La ressemblance entre ces meurtres et la tuerie de ce lundi à Toulouse a conduit le parquet de Paris à centraliser, du fait de sa compétence antiterroriste, les trois enquêtes, qui sont "diligentées pour des faits qualifiés d'assassinat et tentatives d'assassinat en lien avec une entreprise terroriste".

Le tueur est entré dans la cour pour abattre une fillette de 8 ans

"Il a tiré", "un rav (professeur de religion, ndlr) et ses deux enfants sont tombés", a raconté la responsable régionale du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Nicole Yardeni. "Il est ensuite entré dans la cour de l'établissement et a attrapé une enfant de 8 ans, la fille du directeur, pour lui tirer directement dans la tête. Et puis il est reparti" au guidon d'un scooter, a-t-elle dit. Selon des témoins, le tueur a pris ainsi le risque d'agir à un moment où la petite rue était encombrée des véhicules de parents amenant leurs enfants au collège-lycée Ozar Hatorah.

Le rabbin et directeur de l'établissement, Yaacov Monsonego, était en train de prier dans la synagogue lorsque un élève lui a apporté le corps inanimé de sa fille de 8 ans, grièvement blessée à la tête.

Renfort de surveillance, Sarkozy "horrifié"

Le ministère de l'Intérieur a immédiatement ordonné un "renforcement de la surveillance" autour des écoles juives du pays.

La communauté juive de France, la première en Europe avec 500.000 à 700.000 membres selon les estimations, a exprimé son horreur. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Richard Prasquier a fait savoir qu'il se rendait sur place en compagnie du président de la République Nicolas Sarkozy.

"Je suis horrifié par ce qui est arrivé ce matin à Toulouse devant l'école juive", a déclaré à l'AFP le grand rabbin de France Gilles Bernheim, en ajoutant être "meurtri dans mon corps et dans mon âme". Il devait lui aussi se rendre sur place.

C'est en tout début de matinée que le drame s'est produit à proximité du collège Ozar Hatorah.

Patrick Rouimi, un des responsables des parents d'élèves, a dit à un journaliste de l'AFP qu'un homme avait ouvert le feu sur des gens qui attendaient à un point de ramassage scolaire informel pour l'école juive Gan Rachi.

Dans la rue Dalou, où se trouve le collège, de nombreux parents ou proches, souvent en pleurs, attendaient d'avoir des nouvelles. "Quelle explication ? On est dans l'antisémitisme brutal ignoble", lançait un parent d'élève Charles Bensemhoun. Une femme à ses côtés se lamentait: "maintenant, ils tirent sur des enfants".

Les autorités israéliennes ont également très rapidement réagi. "Nous sommes horrifiés par cette attaque et nous faisons confiance aux autorités françaises pour faire toute la lumière dans ce drame et traduire les responsables de ces meurtres en justice", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Yigal Palmor.

"Nous suivons ce qui se passe avec émotion", a-t-il ajouté. Les radios et télévisions israéliennes ont interrompu momentanément leurs programmes habituels pour donner des détails sur cette attaque.

Tous les lieux confessionnels en France, notamment les écoles juives, vont faire l'objet d'une surveillance renforcée après la fusillade de Toulouse (sud-ouest), a annoncé lundi à l'AFP le ministère de l'Intérieur.

"Des consignes ont été données aux préfets, aux services de police et de gendarmerie de renforcer la surveillance autour de tous les lieux confessionnels en France et particulièrement aux abords des écoles israélites", a déclaré le porte-parole de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, après la fusillade dans une école juive de Toulouse où quatre personnes, dont trois enfants, ont été tuées.

Les quatre victimes sont un enseignant en religion de 30 ans, ses enfants de 6 et 3 ans, et un autre enfant de 10 ans, a indiqué le procureur de la ville, Michel Valet.

Une minute de silence

Nicolas Sarkozy a décrété une minute de silence mardi dans les écoles et assuré qu'"absolument tout sera mis en oeuvre pour retrouver" le tueur. Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant "restera à Toulouse le temps qu'il faudra", a-t-il ajouté.

"Ce sont nos enfants, ce ne sont pas simplement vos enfants, ce sont les nôtres", a-t-il déclaré. "Sur le territoire de la République, on n'assassine pas des enfants comme ça sans avoir à rendre compte", a-t-il ajouté. "Aujourd'hui est une journée de tragédie nationale", a-t-il encore dit.

Le candidat socialiste, François Hollande, a appelé lundi à Toulouse à "une réponse commune et ferme de toute la République".

"Il faut tout faire pour que les actes antisémites et le racisme amènent une réponse commune et ferme de toute la République", a déclaré M. Hollande après s'être rendu en début d'après-midi au collège-lycée Ozar Hatorah, où un inconnu a ouvert le feu lundi matin, tuant trois enfants et un adulte.