Les deux auteurs de la pire tuerie aux Etats-Unis depuis trois ans, qui a coûté la vie à 14 personnes mercredi à San Bernardino, sont un homme et une femme de 28 et 27 ans, et ils sont morts, selon la police. L'homme répond au nom de Syed Farook, un citoyen américain de 28 ans, employé de cette ville de Californie, et il était accompagné d'une femme de 27 ans, Tashfeen Malik, dont la nationalité n'est pas connue, a indiqué le chef de la police de la ville, Jarrod Burguan.

© Photo News

Farook, lourdement armé, et Malik, porteuse d'une arme de poing et d'un fusil d'assaut, étaient à bord d'un 4x4 noir et ont été tués par la police lors d'un échange de tirs sur un axe routier.

La tuerie a été perpétrée lors d'une réunion festive des personnels de santé du comté de San Bernardino, durant laquelle une dispute aurait éclaté selon la police. Or, selon le journal LA Times, les services de santé de San Bernardino emploient un expert sanitaire nommé Syed Farook. L'AFP a constaté que le nom de Syed Farook apparaissait bien sur un document officiel de ces services. Et, selon NBC, la piste du 4x4 noir permet de remonter à un habitant local nommé Syed Farook.

Selon son père, cité par le tabloïd, New York Daily News, Syed Farook "était très religieux. Il allait au travail, rentrait, allait à la prière, et rentrait. Il est musulman".

Farhan Khan, un beau-frère de Syed Farook invité par CAIR n'a pu donner aucune information sur ce qui a pu motiver le geste de ce dernier. "Pourquoi a-t-il fait une chose pareille? Je n'en ai aucune idée", a-t-il dit.

Une troisième personne, qui tentait de s'enfuir, a été interpellée, mais son implication demeure incertaine. "Je sais que l'une des grandes questions qui va revenir est 's'agit-il de terrorisme? ' mais je ne veux pas encore dire si nous en sommes certains", a déclaré un responsable du FBI, David Bowdich, lors d'une conférence de presse à San Bernardino, ville située à l'est de Los Angeles.

Le bilan de cette fusillade est le plus lourd depuis le carnage perpétré en décembre 2012 dans l'école de Sandy Hook à Newtown (Connecticut, nord-est), où 26 personnes avaient trouvé la mort, dont 20 enfants de CP.


Obama condamne

Lors d'une intervention sur la chaîne télévisée CBS, le président américain Barack Obama a adressé ses condoléances aux familles de victimes. Il a déploré des scènes qui se répètent à travers les Etats-Unis et sont "sans équivalent ailleurs dans le monde".

"Il y a des mesures que nous pourrions prendre, non pas pour éliminer toutes ces fusillades, mais pour améliorer les chances qu'elles ne se produisent pas avec une telle fréquence", a déclaré M. Obama sur CBS.


La communauté musulmane de Californie réagit aussi

La communauté musulmane de Californie a fermement condamné la fusillade, sans que les autorités aient pour le moment lié la tuerie à l'islamisme.

"Nous condamnons sans réserves l'acte horrible qui s'est produit aujourd'hui", a déclaré Hussam Ayloush, le responsable de CAIR Los Angeles, une association de défense des droits des musulmans, lors d'une conférence de presse.

Un autre responsable de la communauté islamique de la Californie du sud, Muzammil H. Siddiqi, a insisté sur le fait que l'islam ne permettait pas ce genre d'actes de violence. "Nous avons condamné toute violence où qu'elle se produise parce que la vie humaine est précieuse, et que nous respectons et honorons la vie humaine", a déclaré M. Siddiqui.

La conférence de presse de CAIR, organisée alors qu'aucun lien n'a encore été établi par les autorités avec une quelconque idéologie, donnait l'impression d'une action préventive.

La rhétorique anti-musulmans aux Etats-Unis, très présente dans la campagne pour la présidentielles chez les candidats républicains, s'est encore exacerbée depuis les attentats de Paris revendiqués par le groupe Etat islamique et qui ont fait 130 morts le 13 novembre.