Quinze personnes ont été tuées et 150 autres blessées lors d'une frappe israélienne mercredi sur un marché de Chajaya, une banlieue de l'est de la ville de Gaza, ont annoncé les secours palestiniens. De même, trois soldats israéliens tués mercredi à Gaza selon l'armée israélienne.

Cette dernière avait annoncé une "trêve humanitaire" de quatre heures mercredi dans ses frappes dans la bande de Gaza mais pas dans les zones de combat à l'intérieur du territoire palestinien contrôlé par le Hamas. "L'armée a autorisé une trêve temporaire de 12H00 à 16H00 GMT (15H00 à 19H00 locales)", mais celle-ci "ne s'appliquera pas aux zones où les soldats sont actuellement engagés dans des opérations" à Gaza où ils tentent de détruire les tunnels utilisés par le Hamas pour mener des attaques, selon un communiqué militaire.

Selon le texte, l'armée a appelé en outre "les habitants à ne pas retourner dans les zones concernées par un ordre d'évacuation" et averti qu'elle répondrait à "toute tentative de porter atteinte à des soldats ou des civils israéliens".

Une trêve "sans valeur" pour le Hamas

Cette annonce de trêve a été rejetée par le Hamas comme "sans valeur". "La trêve annoncée par Israël est un coup médiatique et n'a pas de valeur parce qu'elle n'inclut pas les zones de combat le long de la frontière, d'où nous ne pourrons pas évacuer les blessés", a expliqué un porte-parole du mouvement, dans un communiqué.

Israël avait décrété samedi dernier une trêve humanitaire de 12 heures, prolongée de 4 heures, mais elle avait volé en éclats à la suite de la reprise des combats. Une autre brève trêve non déclarée lundi pour la fête musulmane du Fitr, marquant la fin du ramadan, avait été elle aussi rapidement rompue.

© AP

Une agence de l'ONU accuse Israël

L'Agence de l'ONU pour l'Aide aux réfugiés palestiniens (UNWRA) a accusé l'armée israélienne de "grave violation du droit international", après un tir qui a tué mercredi 16 Palestiniens dans une de ses écoles dans la bande de Gaza.

Elle a par ailleurs appelé dans un communiqué la communauté internationale à agir rapidement "pour mettre un terme immédiat au carnage en cours".

"Je condamne dans les termes les plus fermes possibles cette grave violation du droit international par les forces israéliennes", a déclaré Pierre Krähenbühl, chef de l'UNWRA. "La nuit dernière, des enfants ont été tués alors qu'ils dormaient à côté de leurs parents sur le sol d'une salle de classe, dans un refuge désigné comme tel à Gaza. C'est un affront pour chacun d'entre nous, une source de honte internationale", a dit Pierre Krähenbühl.

"Nous avons rassemblé des preuves"

"Nous nous sommes rendus sur le site et avons rassemblé des preuves. Nous avons analysé des débris, des cratères et d'autres dégâts. Selon nos premières conclusions, c'est l'artillerie israélienne qui a frappé notre école où 3.300 personnes avaient trouvé refuge", a poursuivi le responsable onusien.

"Il est trop tôt pour fournir un bilan définitif des morts. Mais nous savons qu'il y a de nombreux civils tués et blessés, y compris des femmes et des enfants, et le gardien de l'UNWRA qui tentait de protéger le site", a poursuivi Pierre Krähenbühl. "Il s'agit de gens à qui l'armée israélienne avait ordonné de quitter leurs maisons."

"La localisation précise" de l'école et "le fait qu'elle accueillait des milliers de personnes déplacées sont des informations qui ont été transmises 17 fois à l'armée israélienne afin de s'assurer de leur sécurité, la dernière fois à 22H00 (mardi) soir, quelques heures avant le bombardement meurtrier", a poursuivi le responsable.

"C'est la sixième fois que l'une de nos écoles est frappée. Nos employés, ces gens qui mènent l'action humanitaire sont tués. Nos refuges sont surpeuplés", a-t-il encore dénoncé.

"Nous ne sommes plus uniquement dans le domaine de l'action humanitaire. Nous sommes arrivés au point où il faut que des comptes soient rendus", a réclamé Pierre Krähenbühl.

Très critiqué pour le lourd tribut payé par les civils palestiniens, Israël en rend responsable le mouvement Hamas qui contrôle la bande de Gaza, qu'il accuse d'utiliser la population civile comme "boucliers humains".