De mémoire de Britanniques, l’élection générale du 7 mai s’annonce comme l’une des plus serrées de l’histoire. Les sondages donnent les conservateurs du Premier ministre David Cameron au coude-à-coude avec l’opposition travailliste dirigée par Ed Miliband, autour de 33-34 % des votes. Comme en mai 2010, aucun des deux partis ne devrait obtenir la majorité à la Chambre des communes.

Les Libéraux-démocrates n’y sont cette fois-ci pour rien. Punis par les électeurs suite à leur participation à l’actuelle coalition gouvernementale, ces derniers devraient au mieux recueillir 10 % des votes, contre 23 % il y a cinq ans, et gagner une vingtaine de sièges, contre cinquante-sept actuellement. Décrédibilisé depuis le triplement des frais universitaires qu’il avait promis d’éliminer, leur leader Nick Clegg pourrait même perdre son siège de député et disparaître de la scène politique.

SNP, surtout, et Ukip troublent le jeu

Le statu quo national est surtout dû à l’incroyable performance du Parti national écossais (SNP). Les indépendantistes semblent en effet bien partis pour effacer les travaillistes d’Ecosse, leur fief historique, et les priver ainsi de la majorité. Si le Labour devrait en effet gagner une quarantaine de sièges en Angleterre aujourd’hui aux mains des conservateurs, il devrait en perdre autant en Ecosse aux dépens des nationalistes. La nouvelle cheffe du parti et Premier ministre de l’Ecosse, Nicola Sturgeon, a joué un rôle majeur dans cette progression. Plus modérée que son prédécesseur Alex Salmond, elle a réussi à capitaliser le référendum sur l’indépendance perdu de septembre dernier et à attirer de nouveaux partisans.

Le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip) de Nigel Farage vient également perturber le bipartisme traditionnel. Son message contestataire fonctionne auprès des électeurs désabusés, travaillistes ou conservateurs. Et si l’Ukip aura bien du mal à gagner plus d’un ou deux sièges, il devrait en revanche perturber l’élection dans plusieurs circonscriptions, en capturant par exemple des votes conservateurs qui feront élire le candidat travailliste ou libéral-démocrate. Son rôle sera prépondérant dans cette élection si indécise.