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Gbagbo n'a pas quitté l'hôtel du Golf à Abidjan, l'ONU se rétracte

AFP

Publié le - Mis à jour le

L'ancien président déchu de Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo est toujours à l'hôtel du Golf à Abidjan et n'a pas été transporté hors de la ville comme l'avaient indiqué dans un premier temps, mardi, par erreur les Nations Unies. M. Gbagbo, après son arrestation lundi, avait été conduit par les forces du président élu Alassane Ouattara dans une suite de l'hôtel du Golf où il est toujours, a précisé Farhan Haq, un porte-parole de l'ONU. Mardi, Farhan Haq avait dans un premier temps affirmé que M. Gagbo avait été transporté en-dehors d'Abidjan dans un lieu tenu secret où il restait sous la protection des forces de l'ONU.

Mort de l'ex-ministre de l'Intérieur

Désiré Tagro, ex-ministre de l'Intérieur et proche de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, est décédé mardi dans des circonstances encore troubles, au lendemain de son arrestation avec M. Gbagbo à Abidjan, a-t-on appris de sources concordantes.

M. Tagro faisait partie des fidèles de M. Gbagbo qui avaient été arrêtés avec lui lundi après l'assaut sur la résidence présidentielle des forces du nouveau chef d'Etat Alassane Ouattara, et avait été conduit comme eux à l'Hôtel du Golf, ont indiqué une source du camp Ouattara et un diplomate en poste à Abidjan.

Selon les mêmes sources, M. Tagro a été vu blessé à son arrivée à l'hôtel, et avait été ensuite transféré dans une clinique, où il est décédé mardi matin. Pascal Affi N'Guessan, chef du parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), a affirmé à l'AFP qu'il avait été "assassiné" d'"une balle à l'Hôtel du Golf", une version fermement démentie dans le camp Ouattara.

Selon la source diplomatique, il aurait tenté de se suicider d'une balle dans la bouche lors de l'arrestation, et aurait succombé à ses blessures. Désiré Tagro était un homme fort du régime défait. Porte-parole de M. Gbagbo puis ministre de l'Intérieur puissant, il avait été nommé secrétaire général de la présidence après le scrutin controversé de novembre 2010. Homme à poigne, souvent considéré comme un "dur", il avait été l'un des artisans de l'accord de paix de 2007 entre M. Gbagbo et la rébellion.

Le camp Gbgabo accuse "les forces spéciales françaises" de l'avoir enlevé

Le camp de Laurent Gbagbo a accusé mardi "les forces spéciales françaises" d'avoir "enlevé" le président sortant arrêté la veille à Abidjan, une version déjà catégoriquement démentie par Paris. "Laurent Gbagbo a été enlevé par des éléments des forces spéciales françaises qui l'ont ensuite conduit à l'hôtel du Golf", QG de son rival Alassane Ouattara, reconnu président élu par la communauté internationale, a déclaré le conseiller à Paris du président sortant, Toussaint Alain. "L'intervention militaire de la France est une grave atteinte à la souveraineté de notre pays. Pour nous, il s'agit d'un odieux coup d'Etat perpétré par l'armée française qui n'a d'autre dessein que recoloniser la Côte d'Ivoire pour s'emparer de ses immenses ressources", a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse.

La France a déjà plusieurs fois nié que ses troupes soient intervenues directement dans l'assaut final contre la résidence présidentielle. "M. Toussaint doit être malade. Je serais content s'il reprennait contact avec la réalité de son pays", a encore réagi mardi auprès de l'AFP le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Bernard Valero.

Durant toute la conférence de presse, organisée en présence de Jacques Vergès, avocat français proche de Laurent Gbagbo, M. Toussaint qualifié M. Gbagbo de "président de la République de Côte d'Ivoire" affirmant que "Ouattara n'a pas le pouvoir". "Le gouvernement légal et légitime de Côte d'Ivoire exige la libération immédiate et sans conditions de Laurent Gbagbo" ainsi que de son épouse, ses collaborateurs et son entourage, a-t-il ainsi déclaré. Il "demande l'arrêt immédiat de la chasse aux sorcières lancée par les milices de Ouattara". "Nous demandons que Ouattara accepte de discuter avec le président de la République Laurent Gbagbo" sans qui "il ne peut y avoir de paix durable", a-t-il enfin déclaré.

Lundi soir, la télévision de M. Ouattara (TCI) avait diffusé des images de Laurent Gbagbo qui déclare souhaiter "qu'on arrête les armes et qu'on rentre dans la partie civile de la crise".

M. Ouattara a pour sa part appelé à "s'abstenir de tout acte de représailles ou de violences" et annoncé le lancement d'une "procédure judiciaire contre Laurent Gbagbo, son épouse et ses collaborateurs".

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